Au Ghana, un étudiant transforme des pneus recyclés en mobilier

Jeffrey Kwabena Yeboah a embauché deux personnes pour débuter l'aventure.
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Jeffrey Kwabena Yeboah a embauché deux personnes pour débuter l'aventure. - © Dylan GAMBA

Jeffrey Kwabena Yeboah récupère les pneumatiques abandonnés le long des routes ou dans les décharges du Ghana pour en faire des tables ou des chaises. Installé dans de modestes locaux au nord d’Accra, épaulé par deux employés, l’étudiant en sciences de l’information espère à terme que son entreprise de « uprecycling » sera présente dans toutes les régions du pays. Et met en avant la dimension environnementale de son projet.

Tout est parti d’un pari. Jeffrey Kwabena Yeboah, un étudiant fauché à l’université du Ghana, arrondit ses fins de mois en tant que décorateur d’intérieur. « Un client voulait une table particulière avec une identité africaine, mais il était impossible de la trouver », témoigne-t-il. « Alors sur le ton de la rigolade, je lui lance qu’il est possible de faire du mobilier à partir de pneus recyclés. Il me laisse une semaine pour réaliser la table », se remémore Jeffrey Yeboah. Durant ce laps de temps, l’étudiant choisit un pneu, le lave et y incorpore des couleurs. Le résultat est visiblement concluant. « Il a adoré », sourit-il.

C’était en 2015. Depuis cette expérience, l’étudiant de 25 ans, qui finit ses études en sciences de l’information, a lancé son entreprise Ripples Interior Decor Ghana. Il a installé ses modestes locaux à Madina, au nord de la capitale Accra, et a embauché deux personnes pour l’épauler. Son credo : le « uprecycling », c’est-à-dire le recyclage de matériaux pour en faire des objets à haute valeur ajoutée.

Récupérer des pneus en passe d’être brûlés

L’entreprise est installée dans un bâtiment en tôle de quelques mètres carrés qui borde la route. Pour ce qui est de la matière première, Jeffrey Yeboah n’a pas à aller chercher trop loin. La qualité des routes à Accra et dans le reste du pays, particulièrement mauvaise, use rapidement les pneumatiques. De nombreux pneus sont abandonnés le long de la route. Ou se retrouvent dans des décharges en attendant d’être brûlés.

« Quand les pneus sont brûlés, des produits toxiques et des résidus de produits chimiques s’en échappent et cela pollue les sols », témoigne-t-il, ajoutant que s’ils sont laissés dans la nature, « de l’eau s’accumule dans les jointures ce qui favorise le développement de moustiques ».

Objectifs ambitieux

Le jeune entrepreneur ne cache pas ses ambitions. « Il faut sauver l’environnement », témoigne-t-il. Outre les pneus recyclés, le cordage utilisé pour couvrir les pneumatiques est fait à base de sisal, une plante originaire du Mexique. Après seulement quelques années d’existence, la petite entreprise compte une trentaine de clients.

« Une table nous prend environ une douzaine d’heures de travail », confie-t-il. Le cordage est enroulé avec soin et collé sur les pneus. Chaque réalisation est vendue entre 200 et 450 cedis (entre 30 et 70 euros). « Pour l’instant, tous nos clients sont au Ghana, mais j’espère, d’ici deux ans, pouvoir exporter mais également avoir des bureaux dans chaque région du pays pour pouvoir former au moins une centaine de personnes », ajoute-t-il.

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