Au Ghana, le combat d'une ONG pour reboiser les anciens sites miniers illégaux

Au Ghana, le combat d’une ONG pour reboiser les anciens sites miniers illégaux
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Au Ghana, le combat d’une ONG pour reboiser les anciens sites miniers illégaux - © Tous droits réservés

Le petit pays d’Afrique de l’Ouest est un important producteur d’or. De nombreux sites illégaux se trouvent un peu partout sur le territoire. Une pratique nocive pour l’environnement, avec l’utilisation de mercure et la déforestation. L’association Partners of Nature Africa travaille en lien avec les populations locales pour réhabiliter les sites en plantant notamment des cocotiers et des hévéas.

Des forêts balafrées

Suleiman Imam Mohammed tend son téléphone portable. Sur l’écran, des images satellites, et au milieu d’une végétation luxuriante, une énorme balafre. En cause : l’orpaillage illégal. La région Ashanti, dans le centre du Ghana, est une des principales productrices d’or. Pour extraire le métal précieux, de nombreux sites illégaux se sont constitués un peu partout sur le territoire. Une pratique qui endommage durablement les sols. Les orpailleurs utilisent parfois des produits toxiques, notamment du mercure, coupent les arbres qui se trouvent dans les environs et laissent sur leur passage un territoire de désolation. C’est notamment le cas à Obenemase, à une soixante de kilomètres au sud de Kumasi, la capitale de la région. Pour s’y rendre, en partant de la ville de Konongo, il faut compter une demi-heure de voiture en plein milieu de la forêt sur une route de terre cabossée. " La première fois que je suis venu, il y avait d’énormes trous un peu partout ", témoigne Forster Amofah, chef des opérations à l’ONG Partners of Nature Africa (PONA). Les mineurs illégaux avaient creusé des cavités à la recherche de filons. Aujourd’hui, sur le site, une pelleteuse est à l’œuvre pour ratisser la terre et permettre de reboiser.

Depuis 2015, l’ONG réhabilite d’anciens sites miniers illégaux en y plantant des cocotiers, des palmiers à huile, des hévéas ou bien encore des arbres à cachou. En moins de quatre ans, quelque 18 sites ont été reboisés. Le tout en accord avec les populations locales. " A chaque fois que nous choisissons un site, nous discutons avec le chef du village, qui doit donner son accord pour le projet. Nous avons opéré dans toutes les régions du pays, à l’exception d’Accra et de la Volta, où il y a très peu de mines d’or ", avance Forster Amofah. " Nous voulons promouvoir un environnement basé sur la permaculture ", poursuit-il.

Promouvoir les bonnes pratiques d'extraction

Sur le site d’Obenemase, le projet de l’association doit se faire sur 10 hectares. En attendant, les habitants de la communauté s’activent pour préparer les plants qui seront mis en terre dans les prochaines semaines. Momiratu, une jeune femme de 24 ans originaire du Burkina Faso et qui porte son enfant dans le dos, retourne la terre autour des plants de cocotier. " C’est une très bonne opportunité pour nous ", témoigne-t-elle. Les membres de la communauté pourront tirer profit de l’exploitation des arbres. Il faudra compter deux ans et demi avant que les cocotiers ne produisent des fruits et jusqu’à trois ans pour les palmiers à huile. " Nous ne faisons pas cela seuls, nous sommes en discussion constante avec les autorités, notamment l’agence de protection de l’environnement ou bien encore le ministère des ressources naturelles", souligne Forster Amofah.

Pour ce projet, l’association PONA s’est alliée à la compagnie minière Neo Mining Limited. " Notre but est de promouvoir les bonnes pratiques d’extraction aux populations locales ", souligne Suleiman Iman Mohamed, le directeur des opérations au sein de la société. " Nous sommes déjà en train de travailler sur d’autres projets ", conclut Forster Amofah.

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