Attentat déjoué contre l'opposition iranienne : Téhéran ne reconnaîtra pas le jugement du procès d'Anvers

Une peine de 20 ans de prison a été requise, ce vendredi
Une peine de 20 ans de prison a été requise, ce vendredi - © KENZO TRIBOUILLARD - AFP

L’Iran a fait savoir ce samedi qu’il ne reconnaîtrait pas le jugement attendu du tribunal correctionnel d’Anvers contre un diplomate iranien accusé d’avoir projeté un attentat contre un rassemblement d’opposants au régime de Téhéran en 2018 en France.

Une peine de 20 ans de prison a été requise, ce vendredi, devant le tribunal correctionnel d’Anvers contre le diplomate Assadollah Assadi, 48 ans, en poste à l’ambassade d’Iran à Vienne au moment des faits.

Un attentat à la bombe devait viser le 30 juin 2018 à Villepinte, près de Paris, le grand rassemblement annuel du Conseil national de la résistance iranienne (CNRI).

Cette coalition d’opposants iraniens comprend les Moudjahidine du peuple (MEK), que Téhéran considère un "groupe terroriste", banni en Iran depuis 1981. "Nous avons annoncé à plusieurs reprises et depuis le début que ce tribunal n’était pas qualifié et que le processus judiciaire n’était pas légitime, en raison de l’immunité diplomatique" de Assadi, notamment, a déclaré samedi à Téhéran le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, cité par l’agence Isna. "Même si cela aboutit à un jugement, nous ne le reconnaîtrons pas. Il est innocent, et il fait clairement l’objet d’un complot", a encore dit Saïd Khatibzadeh.


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Arguant de son immunité diplomatique, Assadi a refusé de comparaître à l’audience de son procès vendredi, alors que trois complices présumés étaient eux présents dans le box.

Après les plaidoiries de la défense, prévues jeudi, le tribunal devrait mettre son jugement en délibéré. Assadi est représenté par un avocat.

Ce dossier, mêlant espionnage et terrorisme, a provoqué des tensions entre Téhéran et plusieurs capitales européennes. L’Iran avait jugé "illégale" l’arrestation de Assadi, dénoncée par Téhéran comme une violation de son immunité diplomatique. En octobre 2018, Paris avait accusé le ministère iranien du Renseignement d’être derrière ce projet d’attentat présumé, déjoué par la justice belge, ce que Téhéran avait vivement démenti.

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