Attentat contre un bus au Caire, 5 blessés légers

Attentat contre un bus au Caire
Attentat contre un bus au Caire - © GIANLUIGI GUERCIA - IMAGEGLOBE

Une explosion a blessé jeudi cinq personnes dans un bus au Caire et un second engin explosif a été désamorcé, au lendemain de l'annonce par les autorités que les Frères musulmans du président destitué Mohamed Morsi étaient désormais une "organisation terroriste".

Cette attaque, qui a fait cinq blessés légers selon des responsables, est le premier attentat à ne toucher que des civils depuis le coup de force des militaires contre le chef d'Etat islamiste il y a six mois, même si la bombe a peut être explosé prématurément.

Depuis la destitution et l'arrestation le 3 juillet de Mohamed Morsi, l'Egypte est entrée dans un engrenage de la violence, les autorités réprimant dans un bain de sang les islamistes et les plus radicaux d'entre eux menant des attaques ayant tué plus d'une centaine de policiers et de soldats.

Les vitres du bus ont volé en éclats après l'explosion d'une bombe posée en bord de route dans le quartier de Nasr City, dans le nord du Caire, et un périmètre de sécurité a été mis en place par la police.

Un général de la police, Mohamed Gamal, a montré la seconde bombe artisanale, désamorcée, expliquant qu'elle avait été placée dans un panneau publicitaire proche et devait détoner au moment où les forces de l'ordre arriveraient sur les lieux après la première explosion.

Selon un porte-parole du ministère de l'Intérieur, "elle devait être actionnée à distance" et "visait à terroriser les gens avant le référendum" constitutionnel prévu les 14 et 15 janvier.

Kamikaze

Mardi à l'aube, un kamikaze avait lancé sa voiture bourrée d'explosifs contre le quartier général de la police de Mansoura, à une centaine de kilomètres du Caire, tuant 15 personnes, dont 14 policiers. Ansar Beit al-Maqdess, un mouvement jihadiste basé dans le Sinaï et disant s'inspirer d'Al-Qaïda a revendiqué cette attaque, "fermement" condamnée par les Frères musulmans.

Malgré tout, des résidents s'en étaient aussitôt pris avec virulence à la confrérie. Jeudi, à nouveau, des habitants ont crié leur haine. Fadia, une femme de 40 ans, a ainsi harangué la foule sur les lieux de l'attentat, dénonçant "les chiens de Frères musulmans". "Tout le monde a peur maintenant en Egypte, même la police a peur!", a-t-elle lancé.

Au lendemain de l'attentat de Mansoura, le gouvernement a accusé le mouvement islamiste et déclaré la confrérie "organisation terroriste", menaçant ainsi ses centaines de milliers de membres de tomber sous le coup d'une sévère loi anti-terrorisme promulguée en 1992 sur fond de violences de groupes islamistes radicaux.

Manifestations et journal interdits

Ils sont aussi désormais interdits de manifestation -sous peine d'écoper de cinq années de prison-, alors qu'ils organisent quasi-quotidiennement des défilés réclamant le retour au pouvoir de M. Morsi. L'un de leur dirigeant a toutefois appelé mercredi à poursuivre la mobilisation.

Toujours dans la même ligne, le journal du mouvement, "Liberté et Justice", a été définitivement interdit, de même que le parti politique du même nom, qui avait remporté toutes les élections organisées depuis la révolte de 2011 qui a mis fin à trois décennies de présidence de Hosni Moubarak. Quiconque sera trouvé en possession de publications ou d'enregistrements diffusés par la confrérie sera passible de peines allant jusqu'à cinq ans de prison.

Début septembre, dans le même quartier de Nasr City, un kamikaze d'Ansar Beit al-Maqdess avait fait exploser sa voiture au passage du convoi du ministre de l'Intérieur, sorti indemne de cette attaque.

Ce groupe, principalement composé de Bédouins du Sinaï égyptien, critique ostensiblement l'entrée des Frères musulmans dans le jeu politique et prône l'action armée. Mais les autorités, elles, accusent régulièrement la confrérie d'aider et de financer les attentats contre les forces de l'ordre, sans toutefois avoir apporté la preuve des liens entre les combattants jihadistes et les Frères musulmans, tenants d'un islam politique plus modéré.

Bannis mais tolérés sous le régime de Hosni Moubarak et véritablement sortis de la clandestinité à son départ en 2011, les Frères musulmans pourraient désormais revoir leurs positions après avoir été dépossédés d'une présidence acquise via les urnes.

AFP

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