Attentat à Conflans : un professeur décapité en pleine rue pour avoir montré des caricatures de Mahomet durant un cours

Un professeur de 47 ans a été décapité en pleine rue ce vendredi en fin d’après-midi à Conflans Saint-Honorine dans les Yvelines. Emmanuel Macron est actuellement au collège du Bois d’Aulne où enseignait l'homme.

L’agresseur a été abattu par la police dans la ville voisine, Eragny-sur-Oise. Il était âgé de 18 ans et était inconnu des services de police. Après son acte, il a publié une photo de la tête décapitée de sa victime sur Twitter avant qu’elle ne soit supprimée par le réseau social.

Les faits se sont déroulés vers 17 heures près d’un établissement scolaire. La victime est un professeur d’histoire du collège du Bois d’Aulne. Il avait récemment fait un cours sur la liberté d’expression et avait notamment montré des caricatures de Mahomet.

Cela avait suiscité la colère d'un parent d'élève qui a porté plainte et diffusé une vidéo sur le sujet regardée plusieurs dizaines de fois.

L’enquête sur ces faits qui se sont déroulés a été ouverte pour "assassinat en relation avec une entreprise terroriste" et "association de malfaiteurs terroriste criminelle", a précisé le Parquet national antiterroriste (Pnat) à l’AFP.

Appel au service de déminage

Les policiers de la Bac Conflans Saint-Honorine ont été appelés en fin d’après-midi pour un individu suspect rôdant autour d’un établissement scolaire.

Sur place, les policiers ont découvert la victime et à 200 mètres plus loin, à Eragny-sur-Oise, ils ont tenté d’interpeller un homme muni d’une arme blanche qui les menaçait et ont fait feu sur lui.

Un périmètre de sécurité a été installé et le service de déminage appelé, en raison d’une suspicion de gilet explosif.


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Gérald Darmanin rentre en urgence

Le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin, en déplacement au Maroc, a décidé de rentrer immédiatement à Paris. Depuis Rabat, il s’est entretenu avec le Premier ministre Jean Castex et le président Emmanuel Macron, a-t-on précisé dans son entourage.

Il a rejoint Emmanuel Macron et Jean Castex pour participer à une cellule de crise. 

Le procès Charlie Hebdo a augmenté la tension

"Ce soir, il y a une étape supplémentaire dans la violence terroriste dans notre pays qui a été franchie", a indiqué l’avocat spécialiste de la sécurité intérieure Thibault de Montbrial au micro de la chaîne française d’information en continu LCI.

"Mes contacts dans les services de renseignement disaient que tout le spectre djihadiste était monté d’un cran. […] Le contexte du procès de Charlie Hebdo a contribué à cette tension, mais au-delà de ça, il faut savoir que le retour des djihadistes français, le fait que beaucoup d’entre eux soient sortis de prison, fait qu’il y a une inquiétude structurelle sur le fait que des réseaux capables de commettre des attentats complexes, avec un mode opératoire compliqué, soient capables de recommencer."

Cette attaque survient trois semaines jour pour jour après l’attentat au hachoir perpétré par un jeune Pakistanais de 25 ans devant les anciens locaux de Charlie Hebdo, qui avait fait deux blessés graves.

L’auteur de cet attentat islamiste avait déclaré aux enquêteurs avoir agi en réaction à la publication et la republication par Charlie Hebdo début septembre des caricatures de Mahomet, qui avaient fait de l’hebdomadaire satirique une cible des jihadistes.

L’assemblée nationale dénonce "un abominable attentat"

Dans une ambiance empreinte d’émotion, les députés se sont levés à l’Assemblée nationale pour "saluer la mémoire" de l’enseignant décapité vendredi à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines), et dénoncer un "abominable attentat".

Très affecté, le président de séance Hugues Renson (LREM) a pris la parole juste avant l’interruption des débats à 20h00. "Nous avons appris avec effroi l’abominable attentat qui s’est produit. Au nom de la représentation nationale, en notre nom à tous, je tiens à saluer la mémoire de la victime."

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