Attaque chimique présumée en Syrie: va-t-on vers des représailles?

Dans le cas de l'attaque de ce weekend, les premiers témoignages évoquent des odeurs et des symptômes liés au chlore.
Dans le cas de l'attaque de ce weekend, les premiers témoignages évoquent des odeurs et des symptômes liés au chlore. - © STRINGER - AFP

Y aura-t-il des représailles à un nouvel usage d'armes chimiques en Syrie? Dans la nuit de dimanche à lundi, plusieurs missiles ont frappé une base de l'armée syrienne dans la région de Homs.

La provenance de ces tirs est encore floue, les Etats-Unis nient en être à l'origine. Mais cela pourrait bien être une réaction aux images parvenues de Syrie ce week-end : on y voit des civils qui suffoquent, intoxiqués. Cette attaque a été condamnée par les Etats-Unis et par la France. 

Il est actuellement trop tôt pour faire des analyses et avoir la confirmation qu'il s'agissait bien d'une attaque à l'arme chimique. Les images qui nous arrivent proviennent d'activistes, d'opposants à Bachar el-Assad, dans la Ghouta orientale. Mais à deux reprises, en 2013 et en 2016, les images envoyées qui dénonçaient l'usage d'armes chimiques en Syrie s'étaient révélées fiables.

Il n'y a que le régime et la Russie qui disposent de moyens aériens

Dans le cas de l'attaque de ce week-end, les premiers témoignages évoquent des odeurs et des symptômes liés au chlore. Ces détails seront importants à établir pour déterminer qui commis l'attaque. "Selon les témoignages, l'attaque aurait été envoyée depuis les airs par une bombe baril, raconte le journaliste Nicolas Hénin. Il n'y a que le régime et la Russie qui disposent de moyens aériens. Ensuite, il y a une question sur l'arme utilisée. Les témoignages semblaient orientés sur le chlore qui est en quelque sorte une arme chimique du pauvre. Il est à la portée de n'importe qui et plusieurs groupes armées, y compris des groupes rebelles ou djihadistes, ont utilisé du chlore dans le passé en Syrie".

Si le chlore est à la portée de tous, un largage aérien est à la portée de la Syrie ou de la Russie. Et ce sont les forces de Bachar el-Assad soutenues par la Russie qui pilonnent la Ghouta orientale pour venir à bout de la rébellion. Les précédentes attaques à l'arme chimique en Syrie avaient suscité l'émoi et de nombreuses réactions politiques, mais la "ligne rouge" pourrait néanmoins, à nouveau, avoir été franchie. Le conseil de sécurité de l'ONU devrait se réunir d'urgence ce lundi après-midi pour évoquer une réaction à cette attaque. 

De son côté, le président américain Donald Trump a promis lundi de prendre une décision dans les "24/48 heures".

Sujet de notre JT 13h de ce lundi 09 avril:

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