Attaque chimique meurtrière en Syrie: réunion mercredi du Conseil de sécurité

Le Conseil de sécurité des Nations unies se réunira en séance extraordinaire mercredi pour aborder l'attaque chimique présumée perpétrée en Syrie, qui a fait au moins 65 morts dont 11 enfants, a annoncé l'ambassadrice américaine auprès de l'ONU.

Le Royaume-Uni et la France ont demandé cette réunion après l'annonce que des bombardements aériens avaient frappé la ville rebelle de Khan Cheikhoun, dans la province d'Idleb tôt mardi matin.

Investigations en cours

En parallèle, la Commission d'enquête indépendante de l'ONU sur la Syrie mène des investigations sur l'attaque meurtrière mardi à Khan Cheikhoun, dans le nord-ouest du pays. Elle a dénoncé à Genève ces violences "dans les termes les plus forts".

La Commission veut notamment clarifier s'il y a eu recours ou non à des armes chimiques et souhaite aussi se prononcer sur le bombardement présumé d'un centre de santé qui a suivi les premiers bombardements. Si elles se confirment, ces deux attaques constitueraient des crimes de guerre, affirme la Commission.

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65 tués dans une attaque chimique en Syrie: réunion mercredi du Conseil de sécurité © Tous droits réservés
65 tués dans une attaque chimique en Syrie: réunion mercredi du Conseil de sécurité © OMAR HAJ KADOUR - AFP
65 tués dans une attaque chimique en Syrie: réunion mercredi du Conseil de sécurité © ABD DOUMANY - AFP

Le bilan de l'attaque s'est alourdi en cours de journée, passant de 58 à au moins 65 tués. Soixante-cinq personnes ont été tuées "par suffocation" et 350 autres ont été victimes d'asphyxie, rapporte l'Union des Organisations de Secours et Soins Médicaux (UOSSM).

Un hôpital touché

"Le bilan ne cesse de s'aggraver alors que les attaques continuent de se poursuivre dans la région d'Idleb et Hama", indique l'organisation basée à Paris, dans un communiqué.

"Il y a moins d'une heure, le centre des casques blancs de Khan Cheikhoun, ainsi que l'hôpital Al-Rahme ont été aussi touchés par une attaque chimique", ajoute-t-elle. "On recense plus d'une quarantaine d'attaques depuis 6h30."

La Maison Blanche dénonce une attaque "inhumaine"

La communauté internationale a condamné cette attaque. La Maison Blanche a dénoncé avec force "l'attaque chimique" menée selon elle par le régime de Bachar al-Assad sur une ville rebelle, jugeant qu'elle était "intolérable".

Elle s'en est également pris à l'ancien président américain Barack Obama, dont elle pointe l'administration pour ne pas avoir réussi à agir davantage pour prévenir de telles attaques par le gouvernement syrien.

Une menace pour les pourparlers

De son côté, le président turc Recep Tayyip Erdogan a déclaré mardi à son homologue russe Vladimir Poutine, lors d'un entretien téléphonique, que l'attaque "chimique" était "inhumaine" et menaçait le processus de paix.

La Russie ne cesse de répéter que le sort du président Assad ne pouvait être décidé que par les Syriens. Selon un communiqué du Kremlin diffusé mardi après leur entretien téléphonique, Erdogan et Poutine "se sont mis d'accord en particulier sur le fait de continuer à soutenir la fin des hostilités en Syrie et à promouvoir le processus de négociation à Astana et Genève".

Côté belge, le ministre de la Coopération au développement, Alexander De Croo (Open Vld), estime que "le recours à des armes chimiques constitue le franchissement d'une ligne rouge".

L'armée syrienne dément

L'armée syrienne a démenti toute implication dans l'attaque chimique présumée qui a tué mardi des dizaines de personnes dans une localité rebelle du nord-ouest du pays."Le commandement de l'armée dément catégoriquement avoir utilisé toute substance chimique ou toxique à Khan Cheikhoun aujourd'hui (mardi)", a indiqué l'armée dans un communiqué publié par l'agence officielle Sana.

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