Attaque au couteau près de Lyon: le suspect dit "avoir entendu des voix" et avait consommé du cannabis

Attaque de Villeurbanne: le flou demeure sur les motivations du suspect
Attaque de Villeurbanne: le flou demeure sur les motivations du suspect - © PHILIPPE DESMAZES - AFP

L'assaillant de Villeurbanne, un Afghan âgé d'une trentaine d'années, a reconnu "partiellement les faits" tout en tenant des propos "incohérents et confus" disant notamment "avoir entendu des voix insulter Dieu et lui donnant l'ordre de tuer", a indiqué dimanche le procureur de la République de Lyon.

Bénéficiant d'une carte de séjour temporaire en France, il avait consommé une importante quantité de cannabis avant l'agression de samedi au cours de laquelle un jeune de 19 ans a été tué et huit personnes ont été blessées, a encore précisé Nicolas Jacquet lors d'une déclaration à la presse.

Le pronostic vital n'est plus engagé pour les trois personnes grièvement blessées dans l'attaque au couteau de samedi à Villeurbanne, a également annoncé dimanche le procureur de la république de Lyon, Nicolas Jacquet.

"Deux des trois victimes sont toujours hospitalisées. Leur pronostic vital n'est plus engagé", a indiqué le procureur, rappelant que le bilan "lourd" de cette attaque est de un mort - un Savoyard de 19 ans - et huit blessés.  

Cordon de sécurité levé

Sur l'esplanade de la sortie du métro Laurent Bonnevay de Villeurbanne, où ce demandeur d'asile s'est attaqué à l'aveugle à des passants samedi, le cordon de sécurité a été levé et le calme était revenu dimanche matin, a constaté l'AFP.

Plusieurs tâches de sang en partie nettoyées et un ruban jaune de police abandonné par terre témoignaient du drame de la veille. Et quelques fleurs déposées par des voisins étaient visibles çà et là.

Vers 16H30 samedi, le suspect armé d'un couteau et d'une fourche de barbecue "s'est mis à mettre des coups de couteau dans tous les sens" devant un arrêt du bus, selon le témoignage d'une jeune fille, interrogée peu après les faits.

Il a tué un jeune homme de 19 ans et blessé huit personnes dont trois demeuraient en urgence vitale absolue. C'est grâce à l'intervention des passants et des agents TCL (les transports en commun lyonnais) qu'il a pu être appréhendé, alors qu'il se dirigeait vers l'entrée du métro.

Dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux et diffusée par de nombreuses chaînes de TV, on voit un homme à la peau mate, barbe noire courte, bien taillée, sweet capuche noir et baskets rouges avec une lame et une petite fourche dans une main discutant avec des hommes, avant de jeter ses armes puis de s'accroupir à la sortie d'un ascenseur du métro.

La préfecture a mis en place dès samedi soir un centre d'accueil des victimes et de leurs familles dans une salle de la mairie du 8e arrondissement. Dimanche matin, personne ne s'y était encore présenté mais plusieurs appels ont été reçus et traités par les agents de la Croix-Rouge, les pompiers et les représentants d'associations de victimes.

Unis face à l'horreur

Les élus locaux n'ont cessé d'appeler à la prudence depuis samedi, l'élue d'opposition de Villeurbanne, Emmanuelle Haziza, appelant notamment à être "unis face à l'horreur".

A droite et à l'extrême-droite, la nationalité de l'auteur présumé n'a pas manqué de faire réagir. "La naïveté et le laxisme de notre politique migratoire menacent gravement la sécurité des Français!", a écrit la présidente du Rassemblement national Marine Le Pen sur Twitter.

Un commentaire jugé "honteux" par le maire socialiste de Villeurbanne Jean-Paul Bret, qui accuse le RN "d'utiliser un événement dramatique à son profit".

En mai, l'explosion d'un colis piégé en plein coeur de Lyon avait blessé 14 personnes, suscitant déjà une forte émotion dans la 3e ville de France, jusque là épargnée par la vague d'attentats djihadistes sans précédent (251 morts) qui frappe la France depuis 2015. Le suspect, un Algérien radicalisé de 24 ans, avait été mis en examen et écroué.

Sujet de notre journal télévisé de 19h30 samedi sur les incidents survenus dans la banlieue lyonnaise

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