L'attaque de Tunis revendiquée par le groupe terroriste État islamique

Des policiers gardent l'entrée du musée Bardo de Tunis
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Des policiers gardent l'entrée du musée Bardo de Tunis - © FETHI BELAID - BELGAIMAGE

Dans un enregistrement audio, le groupe terroriste État islamique a revendiqué jeudi l'attaque de la veille au musée Bardo à Tunis. Parmi les touristes tués, il y a une victime belge.

Une ressortissante belge figure parmi les 20 touristes tués mercredi lors de l'attentat au musée Bardo de Tunis, a annoncé jeudi le ministre des Affaires étrangères, Didier Reynders. Les auteurs ont été identifiés.

Cette personne est l'épouse d'un homme qui a lui-même été blessé dans cet attentat terroriste. Il a été opéré au genou et a reconnu son épouse jeudi parmi les victimes. Didier Reynders a indiqué qu'il avait présenté les condoléances du gouvernement et toute sa sympathie à la famille - qui a été prévenue - et aux proches de la victime, dont l'identité n'a pas été révélée. Les deux Belges n'étaient pas remontés mercredi soir à bord du navire de croisière qui les avait amenés à Tunis.

Vingt ressortissants étrangers ont été tués lors de l'attaque du musée du Bardo de Tunis, la première dont des étrangers sont victimes depuis la révolution tunisienne de 2011. Treize ont été identifiés, y compris trois Japonaises et deux Français, a indiqué jeudi le ministre tunisien de la Santé. "Treize personnes (tuées) ont été identifiées et sept sont en cours d'identification", a dit Said Aïdi. Le ministre de la Santé a confirmé la mort de trois Japonaises, deux Espagnols (un homme et une femme), un Colombien, un Australien, une Anglaise, une Belge, deux Français, un Polonais et un Italien.

Selon Said Aïdi, un policier tunisien a aussi été tué, portant le bilan total de l'attaque à 21 victimes. Deux des assaillants ont également été abattus par les forces de l'ordre. Mercredi, jour de l'attaque, les autorités tunisiennes avaient fait état d'un second Tunisien tué mais le ministre de la Santé ne l'évoquait plus jeudi. Deux assaillants ont été abattus. L'attaque a duré environ quatre heures. Selon le Premier ministre tunisien Habib Essid, les assaillants ont ouvert le feu sur les touristes alors qu'ils descendaient de leur bus et ont ensuite été pourchassés dans les couloirs du musée.

Des complices possibles

Le Premier ministre tunisien Habib Essid a identifié les deux assaillants du musée du Bardo mercredi comme Yassine Abidi et Hatem Khachnaoui, deux noms à consonance tunisienne. Le Premier ministre a aussi fait état de deux ou trois complices possibles.

La présidence tunisienne a annoncé jeudi l'interpellation de neuf personnes suspectées d'avoir été en relation avec les deux assaillants responsables de l'attaque. "Le chef du gouvernement (...) a indiqué que les forces de sécurité avaient pu arrêter quatre éléments en relation directe avec l'opération (terroriste) et cinq autres soupçonnés d'être en relation avec cette cellule", a indiqué la présidence dans un communiqué sans préciser le rôle et l'identité de ces suspects.

Le président tunisien a promis de "combattre sans pitié" le terrorisme. "Je veux que le peuple tunisien comprenne que nous sommes en guerre contre le terrorisme (...). Je veux que le peuple tunisien se rassure (...) ces traîtres seront anéantis", a également lancé le président, Béji Caïd Essebsi, dans une allocution télévisée mercredi soir.

Un lourd bilan

Comme précisé ci-dessus, outre les 20 touristes, un policier Tunisien a péri dans l'attaque. Par ailleurs, 44 personnes, dont six Tunisiens, ont été blessées, certaines grièvement.

Certains touristes voyageaient avec le croisiériste Costa, dont un bateau faisait escale dans le port de La Goulette (banlieue de Tunis). "Le capitaine a déclaré 14 passagers manquants, qui ne sont pas remontés à bord", avait indiqué dans la soirée un porte-parole de Costa Croisières en France, tout en soulignant "ne pas pouvoir dire" s'ils figurent parmi les victimes de l'attaque au musée.

Au Parlement, mitoyen du musée, la "panique" a été "énorme" lorsque les coups de feu ont retenti, a relaté la députée Sayida Ounissi sur Twitter. La fusillade est intervenue "en pleine audition des forces armées sur la loi antiterroriste", en présence du "ministre de la Justice, de juges et de cadres de l'armée".

Pour Mohsen Marzouk, conseiller politique du président tunisien, l'attaque "vise notre économie", une référence à l'importance pour la Tunisie du secteur touristique. "Mais il ne faut pas que nous laissions ce coup nous affecter. Et je suis sûr que le monde gardera sa confiance en nous."

Des centaines de Tunisiens ont manifesté ensuite dans le centre-ville en scandant "Tunisie libre, le terrorisme dehors".

Les compagnies touristiques restent prudentes

Le groupe italien Costa Croisières ainsi que le croisiériste italien MSC ont annoncé jeudi l'annulation de toutes escales de navires prévues à Tunis. Jetair va suspendre toutes ses excursions vers la capitale tunisienne, Tunis, pour une durée indéterminée, annonce le tour opérateur au lendemain de l'attaque perpétrée contre le musée du Bardo. Les excursions vers les autres régions du pays sont également supprimées jeudi et vendredi.

Thomas Cook a, quant à lui, annulé ses excursions jeudi, vendredi et samedi, et jugera ultérieurement si la suspension doit être maintenue, a affirmé Koen van den Bosch pour la société.

Mouvance jihadiste

Depuis la révolution de janvier 2011 qui a chassé du pouvoir le président Zine El Abidine Ben Ali, la Tunisie a vu émerger une mouvance djihadiste responsable de la mort de dizaines de policiers et militaires.

En avril 2002, un attentat suicide contre une synagogue à Djerba (sud) avait coûté la vie à quatorze Allemands et deux Français ainsi qu'à cinq Tunisiens. Al-Qaïda avait revendiqué l'attentat.

RTBF

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