Attaque à Münster: l'Allemagne plongée dans un contexte tendu depuis un an et demi

Les autorités allemandes sont sur le qui-vive depuis un an et demi en raison de plusieurs attentats islamistes perpétrés ou envisagés dans le pays.
Les autorités allemandes sont sur le qui-vive depuis un an et demi en raison de plusieurs attentats islamistes perpétrés ou envisagés dans le pays. - © AFP

Un homme a tué au moins trois personnes samedi et blessé de nombreuses autres en fonçant avec un véhicule sur la foule d'une ville allemande, Münster, avant de se donner la mort. La police a précisé qu'il était trop tôt pour parler d'un attentat.

Le gouvernement allemand a indiqué via l'une de ses porte-parole, Ulrike Demmer, que ses pensées allaient aux victimes et à leurs proches après "les nouvelles terribles venues de Münster". Si l'origine des faits n'est pas encore établie, ils interviennent dans un contexte tendu en Allemagne.

Les autorités allemandes sont sur le qui-vive depuis un an et demi en raison de plusieurs attentats islamistes perpétrés ou envisagés dans le pays, notamment celui au camion-bélier revendiqué par le groupe Etat islamique qui a fait 12 morts en décembre 2016 sur un marché de Noël à Berlin. Son auteur, le Tunisien Anis Amri avait été tué quelques jours plus tard près de Milan.

A la fin du mois de juillet 2017, un demandeur d'asile en passe d'être débouté a tué une personne à coups de couteau dans un supermarché et en a blessé six autres, un acte motivé selon la justice par "l'islamisme radical". Et fin octobre, la police allemande a interpellé un Syrien de 19 ans soupçonné de préparer un "grave attentat" à la bombe.

L'Allemagne, cible des groupes djihadistes 

Les mouvements islamistes potentiellement violents ont connu ces deux dernières années un essor dans le pays. Les services du renseignement intérieur estiment à environ 10.000 le nombre d'islamistes radicaux en Allemagne, dont 1600 soupçonnés de pouvoir passer à la violence.

Outre l'attentat au camion-bélier, l'EI a aussi revendiqué en 2016 un meurtre à Hambourg (nord), un attentat à la bombe à Ansbach (sud) qui avait fait 15 blessés et tué l'assaillant, ainsi qu'une attaque à la hache dans un train en Bavière (5 blessés).

Plusieurs de ces actes ont été commis par des demandeurs d'asile et valent à la chancelière Angela Merkel d'être accusée par ses détracteurs d'avoir fait peser un risque à son pays en ouvrant la porte à des centaines de milliers de réfugiés en 2015 et 2016.

Pour les enquêteurs, aucun des auteurs n'est cependant venu en Europe porteur d'ordres de l'EI, contrairement à certains des assaillants du 13 novembre 2015 à Paris. Tous semblent avoir organisé leurs actes seuls.

L'Allemagne reste une cible pour des groupes djihadistes, en particulier en raison de son engagement au sein de la coalition combattant l'EI en Irak et en Syrie et dans celle déployée en Afghanistan depuis 2001.

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