Charlie Hebdo: le monde musulman condamne l'attaque "avec force"

Charlie Hebdo: les pays arabes condamnent l'attaque "avec force"
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Charlie Hebdo: les pays arabes condamnent l'attaque "avec force" - © Tous droits réservés

Après l'attaque terroriste contre la rédaction de Charlie Hebdo qui a coûté la vie à au moins douze personnes à Paris, les réactions internationales se multiplient. Alors que les Etats-Unis proposent à la France de collaborer, la Grande-Bretagne et la Russie ont dénoncé le terrorisme avec force. La Turquie, l'Egypte, les pays de la Ligue arabe et la prestigieuse université sunnite Al-Azhar du Caire ont tous condamné l'attentat avec fermeté.

La Ligue arabe et Al-Azhar, principale autorité de l'islam sunnite, ont condamné mercredi l'attentat "terroriste" contre le journal satirique français Charlie Hebdo.

L'université Al-Azhar a déploré une attaque "criminelle", soulignant que "l'islam dénonce toute violence". La Ligue arabe, qui regroupe 22 pays majoritairement musulmans, également basée au Caire, a condamné "avec force cette attaque terroriste" qui a fait 12 morts.

Toujours en Egypte, le gouvernement a condamné cette "attaque terroriste" par la voix du ministre des Affaires étrangères, Sameh Choukri, ajoutant que son pays était "aux côtés de la France face au terrorisme qui nécessite un effort international conjoint pour y mettre fin".

En Tunisie, le président du parti islamiste Ennahda, Rached Ghannouchi, s'est dit "horrifié et indigné par l'acte lâche et criminel ayant visé les journalistes et le personnel de Charlie Hebdo". "Nous condamnons avec la plus grande fermeté ces actes terroristes, leurs auteurs, leurs instigateurs et tous ceux qui les soutiennent", a-t-il ajouté dans un communiqué en français.

"Non, non, non", a pour sa part réagi sur Twitter le professeur Tariq Ramadan. "Contrairement à ce qu'ont apparemment dit les assassins (...), ce n'est pas le Prophète qui a été vengé, c'est notre religion, nos valeurs et nos principes islamiques qui ont été trahis et souillés".

La Turquie dénonce "un attentat commis contre l'humanité"

En Turquie, le ministre du Tourisme et de la Culture Omer Celik a réagi sur CNN Türk en dénonçant "une attaque lâche". "C'est un attentat commis contre l'humanité. Cette attaque aura d'importantes répercussions en politique et dans les sociétés du monde entier", a-t-il déclaré avant d'ajouter qu'il rejetait "tout amalgame entre l'islam et cette lâche attaque".

"On ne peut pas défendre l'islam avec un tel massacre. Cette attaque a pour objectif de renforcer la perception négative à l'égard des étrangers et des musulmans dans le climat actuel qui règne en Europe où l'islamophobie et le racisme montent", a-t-il dit.

David Cameron: "Nous nous tenons aux côtés du peuple français dans le combat contre le terrorisme"

Le Premier ministre britannique David Cameron, le premier à réagir, a condamné l'attaque terroriste "révoltante" perpétrée mercredi contre le siège de l'hebdomadaire satirique, et exprimé sa solidarité avec la France. "Les meurtres commis à Paris sont révoltants. Nous nous tenons aux côtés du peuple français dans le combat contre le terrorisme et pour la défense de la liberté de la presse", a déclaré M. Cameron sur son compte Twitter.

Les Européens dénoncent tous d'une même voix

Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a condamné un "acte intolérable et une barbarie". "Je suis profondément choqué par l'attaque brutale et inhumaine qui a frappé les locaux de Charlie Hebdo. C'est un acte intolérable, une barbarie qui nous interpelle tous en tant qu'êtres humains et Européens", a réagi Jean-Claude Juncker, cité par un communiqué.

Une minute de silence sera par ailleurs observée jeudi à 10h45 devant le Parlement européen à Bruxelles en hommage aux victimes. "Au nom du Parlement européen, j'exprime mes condoléances aux familles et aux proches des victimes de l'acte terroriste perpétré contre la rédaction du journal Charlie Hebdo, à Paris, a déclaré son président Martin Schulz. Nous sommes profondément choqués par ce crime insupportable, par ce coup porté contre nos sociétés civilisées et nous condamnons cette violence. Nous, Européens, ne céderons jamais sur les valeurs de liberté de la presse et d'expression, de tolérance et de respect mutuel que cette attaque a voulu remettre en cause."

Le chef du groupe libéral-démocrate et ancien Premier ministre belge Guy Verhofstadt a lui évoqué "notre 11 septembre".

La chancelière allemande Angela Merkel a également condamné l'attaque, se disant "bouleversée" par cet "attentat abominable", dans un communiqué. "Cet acte horrible est non seulement une agression contre la vie des citoyennes et citoyens français" mais "aussi une attaque que rien ne peut justifier contre la liberté de la presse et d'opinion, un fondement de notre culture libre et démocratique", a affirmé la chancelière.

Le Premier ministre néerlandais Mark Rutte a exprimé sa consternation. "Cet acte de terrorisme odieux et lâche nous affecte tous", a-t-il affirmé dans un communiqué. "Les Pays-Bas sont aux côtés de la France."

Sur son compte Twitter, le Premier ministre luxembourgeois Xavier Bettel s'est dit "consterné suite aux évènements qui se sont produits à Paris ce matin. Nos pensées vont aux victimes et à leurs proches".

Dans le sud de l'Europe, Le gouvernement espagnol a condamné mercredi un "acte terroriste vil et lâche" et défendu la liberté de la presse comme "un droit fondamental".

Le président du Conseil italien Matteo Renzi a quant à lui exprimé sur Twitter son "horreur" et sa "consternation" ainsi que sa "totale proximité avec le président Hollande en ces moments tragiques." "La violence perdra toujours contre la liberté", a-t-il conclu.

Barack Obama "prêt à collaborer", John Kerry exprime en français sa solidarité

Outre-Atlantique, la Maison Blanche a condamné "dans les termes les plus forts" l'attaque contre les locaux du journal satirique. "Toute la Maison Blanche est solidaire des familles de ceux qui ont été tués ou blessés dans cette attaque", a déclaré Josh Earnest, porte-parole du président américain Barack Obama, sur la chaîne MSNBC. "De hauts responsables de la Maison Blanche sont en contact étroit avec leurs homologues français (...). Les États-Unis sont prêts à collaborer avec les Français pour les aider à mener l'enquête", a-t-il ajouté.

Le secrétaire d’État John Kerry a lui exprimé, en français, la solidarité des États-Unis à l'égard de la France. Il a voulu s'"adresser directement aux Parisiens et à tous les Français pour leur dire que tous les Américains se tiennent à leurs côtés". Le chef de la diplomatie américaine, dont une partie de la famille est française et qui est un habitué de Paris, a exprimé "l'horreur, la colère et la condamnation de ce terrible acte de violence".

"Nous sommes également solidaires de votre engagement dans la bataille, la lutte, contre l'extrémisme et de votre détermination à protéger la valeur qui fait si peur aux extrémistes et qui a toujours uni nos deux pays: la liberté", a poursuivi John Kerry. "Aucun pays ne sait mieux que la France que la liberté a un prix parce que c'est en France que de nombreux idéaux démocratiques ont vu le jour", a encore lancé le ministre, rendant encore hommage aux "libertés d'expression et de la presse".

Stephen Harper "horrifié"

"Je suis horrifié par cet acte terroriste barbare commis en France", a écrit mercredi le chef du gouvernement canadien Stephen Harper sur son compte Twitter. Le Canada avait été frappé par deux attaques en octobre par des jeunes radicalisés aux idées jihadistes. Deux militaires avaient été tués au Québec et à Ottawa devant le Parlement lors de ces attaques et les assaillants avaient été abattus par la police. Stephen Harper a assuré que les pensées et les prières des Canadiens étaient "avec les victimes et leurs proches".

L'OTAN et la Russie solidaires des Français

L'OTAN a également exprimé sa "totale solidarité" avec la France.

De son côté, le président russe, Vladimir Poutine, a dénoncé le terrorisme "sous toutes ses formes", selon son porte-parole cité par l'agence de presse TASS, Dmitri Peskov, précisant que Vladimir Poutine avait présenté ses condoléances aux Français.

ONU : "Une attaque terroriste lâche et barbare"

Le Conseil de sécurité des Nations unies a lui dénoncé une "attaque terroriste lâche et barbare".

Dans une déclaration unanime adoptée à l'initiative de la France, les 15 pays membres "condamnent fermement cet acte terroriste intolérable ayant pris pour cible des journalistes et un journal".

Ils adressent "leur profonde sympathie et leurs sincères condoléances aux familles des victimes, ainsi qu'au gouvernement français" et insistent sur "la nécessité de traduire en justice les auteurs de ces actes de terrorisme".

Les 15 pays réaffirment à cette occasion "qu'il est impératif de combattre par tous les moyens, dans le respect de la Charte des Nations unies, les menaces que les actes de terrorisme font peser sur la paix et la sécurité internationales".

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon avait auparavant réagi en se déclarant "consterné" par l'attentat. Il avait souligné qu'il s'agissait "d'une attaque contre la liberté d'expression et la liberté de la presse, deux piliers de la démocratie".

"Cette attaque vise à diviser, nous ne devons pas tomber dans ce piège", avait-il averti en exprimant sa "solidarité" envers Paris. "Partout dans le monde, nous devons soutenir fermement la liberté d'expression et la tolérance et nous opposer aux forces de la division et de la haine", avait-il ajouté.

L'Iran dénonce un acte "étranger à l'islam"

L'Iran a dénoncé mercredi l'attentat contre Charlie Hebdo, estimant que "tout acte terroriste contre des innocents est étranger à la pensée et aux enseignements de l'islam".

Ces actes sont "la continuité d'une vague de radicalisme et d'une violence physique et mentale sans précédent" qui "se sont répandues dans le monde ces dix dernières années", a déclaré la porte-parole de la diplomatie iranienne, Marzieh Afkham, citée par l'agence officielle Irna.

Mais elle a souligné que ces actes étaient aussi provoqués "par les mauvaises politiques et les deux poids-deux mesures face à la violences et à l'extrémisme".

L'Iran dénonce régulièrement la façon dont les médias occidentaux rendent compte des violences commises contre les Palestiniens par Israël, pays que Téhéran ne reconnaît pas.

La République islamique, alliée du régime syrien de Bachar al-Assad, accuse également certains pays arabes et occidentaux de soutenir financièrement et militairement l'opposition armée en Syrie, qu'elle considère dans son ensemble comme des "terroristes".

La porte-parole a également rappelé l'affaire des caricatures de Mahomet parues dans plusieurs journaux européens dont Charlie Hebdo en 2005-2006, qui avait provoqué des manifestations de colère à Téhéran où plusieurs ambassades des pays concernés avaient été attaquées. "Se servir de la liberté d'expression et des idées radicales (...) et humilier les religions divines ainsi que leurs valeurs et leurs symboles est inacceptable", a-t-elle estimé.

RTBF avec agences

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