Assises de Bruxelles: début du procès pour crime de génocide au Rwanda

Le procès d'un ancien haut fonctionnaire rwandais accusé d'avoir pris part au génocide dans son pays en 1994 est entré dans le vif du sujet ce jeudi matin devant la cour d'assises de Bruxelles, avec la lecture de l’acte d’accusation.

Fabien Neretsé, interpellé en France en 2011 et qui comparaît libre à ce procès où il encourt la prison à vie, est accusé d'avoir commis des meurtres sur un nombre indéterminé de personnes au Rwanda, d'avril à juillet 1994. Il nie les faits. " Mon client est innocent " a déclaré ce matin un de ses avocats, Jean Flamme, au micro de la RTBF.

Accusé de crime de génocide

Chose inédite en Belgique, Fabien Neretsé doit répondre de "crime de génocide", une qualification non retenue lors des quatre précédents procès liés au génocide rwandais qui se sont tenus à Bruxelles. La qualification de " crime de génocide " implique que l'accusé ait voulu s'attaquer à un groupe ethnique déterminé.

Sur le banc des parties civiles ont pris place quelques proches de victimes, dont Martine Beckers qui se bat depuis 25 ans pour justice soit rendue. Sa soeur, Claire, a été assassinée avec son mari, un Tutsi, et leur fille de 20 ans, le 9 avril 1994 à Kigali. Fabien Neretsé, un Hutu, était un de leurs voisins dans la capitale rwandaise. Selon l'accusation, il a fait intervenir des hommes armés pour les empêcher de se mettre à l'abri alors que les massacres avaient commencé.

Avant l’audience ce matin, Martine Beckers ne cachait pas son irritation aux dénégations de l’accusé : "Je suis énervée quand j’entends son avocat dire qu’il est innocent. J’ai lu le dossier. Je connais le personnage. Son implication ne fait aucun doute." L'interrogatoire de l'accusé doit commencer vendredi.

Newsletter RTBF Info - Afrique

Chaque semaine, recevez l’essentiel de l'actualité sur le thème de l'Afrique. Toutes les infos du continent africain bientôt dans votre boîte de réception.

OK