Assassinat de Jamal Khashoggi: " Il faut pouvoir passer à l'action " demande sa fiancée

Sur l’invitation de Simone Susskind, Hatice Cengi s’est exprimée hier face aux parlementaires belges sur la mort de son fiancé, le journaliste Jamal Khashoggi. Invitée de l’émission « Matin Première », elle est revenue sur le manque de volonté des Etats-Unis de prendre des sanctions face à l’Arabie Saoudite. Elle a, en revanche, salué la prise de conscience des pays occidentaux, dont la Belgique, face aux méthodes du régime saoudien depuis l’assassinat de son fiancé dans le consulat d’Arabie Saoudite, à Istanbul. Et, dit-elle, «espérer que ces pays, et la Belgique, entameront des actions plus conséquentes, plus vraies et sur le long terme envers l’Arabie Saoudite ». Si elle est venue précisément en Belgique, c’est aussi car elle attend de notre pays qu’il demande davantage de clarté sur ce qui est réellement arrivé à Jamal Khashoggi. « J’espère que la Belgique, qui a un siège permanent au Conseil de sécurité des Nations Unies, puisse faire pression et avoir un poids à un moment donné ».

La FN continue à prospecter des pays qui sont des criminels de guerre

Actuellement, la Belgique est dans une position compliquée face au régime saoudien. En effet, l’Arabie Saoudite est un des clients de la FN, la fabrique d’armes basée à Herstal. Fabrique, qui est, par ailleurs, détenue à 100% par la Région Wallonne. Récemment, Amnesty International Belgique révélait que des armes de la FN se retrouvaient aux mains de groupes armés proches d’Al-Qaida, au Yémen. Suite à ces révélations, la Région Wallonne a donc lancé une enquête. A ce sujet, Philippe Hensmans, le directeur d’Amnesty international Belgique, affirmait ceci : « C’est ahurissant. On se rend compte que la FN continue aujourd’hui à prospecter des pays qui sont des criminels de guerre. Il y a donc quelque chose qui ne tourne pas rond et nous demandons aux sympathisants membres d’appeler le porte-parole de la FN, présent au salon de l’armement à Abou Dhabi, qui essaye de vendre des armes à ces pays-là, pour lui commander très gentiment une mitraillette sauce andalouse et deux pistolets au pâté. »

Rien ne progresse sur le plan des droits humains

Philippe Hensmans s’est également exprimé sur la situation des droits humains en Arabie Saoudite. Une situation qu’il juge paradoxale. « Il y a beaucoup de changements qui ont lieu, mais en même temps, il n’y a rien qui progresse sur le plan des droits humains. Je pense ici à l’enfermement des défenseurs. On a des gens qui sont enfermés en prison parfois, comme Raïf Badawi, depuis 2012, condamné à 1000 coups de fouet et à 10 ans de prison. Je pense également notamment à Loujain Alhathloul, qui est enfermée depuis mai, fouettée, électrocutée, qui a subi des sévices sexuels, etc. Or, c’était une de celles qui combattaient pour le droit des femmes à pouvoir conduire une voiture. On voit aujourd’hui que c’est vraiment une situation où on a affaire à une dictature — je pense que c’est le terme qui convient — même si elle s’habille différemment, d’une couleur différente. » a-t-il expliqué, au micro de Mehdi Kelfat.

Face à ce constat, que peut faire la Belgique ? « Le Parlement fédéral a voté une résolution demandant la suspension des ventes d’armes à l’Arabie saoudite, ce que ne respecte pas tout à fait la Région wallonne. Et là, il faut évidemment des enquêtes pour savoir comment ça se fait qu’on peut encore livrer des armes à des pays comme ceux-là, qui livrent eux-mêmes des armes à d’autres groupes armés. C’est clair que la Belgique peut encore jouer un rôle là-dedans, et maintenant qu’elle est devant les Conseil de sécurité, certainement faire pression pour qu’il y ait une enquête sur l’assassinat de Jamal Khashoggi. »

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK