Assassinat de Daphné Caruana: un an plus tard, où en est l'enquête ?

Assassinat de Daphné Caruana: un an plus tard, où en est l'enquête ?
Assassinat de Daphné Caruana: un an plus tard, où en est l'enquête ? - © MATTHEW MIRABELLI - AFP

Il y a un an, jour pour jour, la journaliste d'investigation maltaise Daphné Caruana Galizia était assassinée. Sa mémoire a été honorée ce mardi à Malte. L’assassinat de cette journaliste marque encore les esprits au sein de l’Union européenne. Un an plus tard, où en est l’enquête ? 

Assassinat irrésolu 

Trois hommes ont rapidement été inculpés. Ce sont eux qui auraient piégé la voiture de la victime. Mais, le ou les commanditaires de ce crime n’ont toujours pas été identifiés. L’enquête piétine, ce qui a le don d’irriter les organisations professionnelles de journalistes qui dénoncent une forme d’impunité. Des associations comme Reporters sans frontières ou la Fédération européenne des journalistes s’interrogent sur l’indépendance de la justice maltaise.

Selon un consortium international de journalistes appelé "projet Daphné", le ministre maltais de l'économie aurait rencontré, à deux reprises, un des assassins de Daphné Caruana Galizia peu de temps avant le crime. L'intéressé a formellement nié les faits mais il n’a jamais été interrogé par les enquêteurs, la police maltaise jugeant peu crédible la piste politique. Aucun responsable politique maltais n’a été auditionné à ce jour. Les associations de journalistes exigent une enquête internationale et indépendante. 

Comment se positionne l’UE ?

La Commission européenne demande également une enquête indépendante. Mais, ce dossier l’embarrasse. La Commission a exprimé des inquiétudes concernant le respect par Malte de la législation européenne sur le blanchiment d’argent. Elle a également demandé plus de vigilance sur les ventes de "passeports en or", autrement dit des passeports de complaisance vendus à de riches investisseurs étrangers. Il s'agit de sermons plutôt mesurés... Il n’est pas question de lancer une procédure pour non-respect de l’état de droit. 

Et le gouvernement maltais ? 

Les autorités maltaises ont qualifié l'assassinat de Daphné Caruana Galizia d'"attaque contre notre liberté d'expression". Mais, depuis un an, elles s'appliquent à nettoyer systématiquement les petits autels improvisés, faits de fleurs et de bougies qui apparaissent dans les rues du centre de la capitale. Il n'est pas question que la journaliste assassinée n'acquiert, avec le temps, l'image d'une martyre.

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