Asile et migration : L'ONU dénonce des brutalités "extrêmes" sur la route vers la Méditerranée africaine

Migrants rescapés par l'Ocean Viking (ONG française) en Méditerranée, en juin 2020
Migrants rescapés par l'Ocean Viking (ONG française) en Méditerranée, en juin 2020 - © SHAHZAD ABDUL - AFP

Des milliers de morts et d'extrêmes violations des droits humains, voici ce qu'endurent les personnes qui entament un long périple depuis l'Afrique de l'Est ou de l'Ouest vers les côtes africaines de la Méditerranée, selon un rapport conjoint du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) et le Centre de recherche sur les migrations mixtes (MMC) du Conseil danois pour les réfugiés, publié mercredi.

"Personne ne se soucie de ta vie ou de ta mort en route": dans ce rapport, l'Onu dénonce les "indicibles brutalités et les barbaries vues ou endurées par la plupart des voyageurs durant leur périple aux mains des passeurs, des trafiquants, des milices et parfois même de fonctionnaires".


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Le rapport se focalise sur les voyages clandestins entre l'Afrique de l'Est ou de l'Ouest et les côtes africaines de la Méditerranée. S'il est très difficile d'estimer les pertes humaines sur cette route migratoire, les décès survenant souvent dans des circonstances inconnues, le rapport a comptabilisé au moins 1.750 morts en 2018 et 2019, ce qui fait de cette route migratoire l'une des plus mortelles au monde.

Survivre à ce voyage implique souvent des troubles psychologiques "graves et durables du fait des traumatismes (...) vécus", pointe le rapport. Le trajet est fréquemment ponctué de violations des droits humains: massacres aveugles, tortures, passages à tabac, viols, violences sexuelles et sexistes, prostitution forcée ou autres formes d'exploitation sexuelle... Le HCR et le MMC listent d'innombrables brutalités extrêmes commises à l'encontre de ces personnes fuyant "les guerres, les violences et la persécution".


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Et une fois ce périple éprouvant terminé, les réfugiés et migrants arrivés en Libye risquent à nouveau d'être victimes d'abus, "le conflit persistant et les défaillances de l'état de droit permettant souvent aux passeurs, aux trafiquants et aux milices d'agir en toute impunité".

Sujet JT de novembre 2017 sur l'esclavage en Libye :

La Libye n'est également souvent qu'une étape, la traversée de la Méditerranée vers l'Europe étant en vue. Mais bon nombre des migrants sont interceptés et ramenés vers les côtes libyennes. Souvent arrêtées et arbitrairement détenues, ces personnes sont à nouveau victimes d'abus "quotidiens et de conditions déplorables".

"Voilà trop longtemps que les abus effroyables qui sont infligés aux réfugiés et aux migrants en route demeurent invisibles", dénonce, cité dans un communiqué, Filippo Grandi, le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés. Si le HCR et le MMC saluent des progrès ponctuels accomplis ces dernières années, ils appellent à intensifier les efforts pour "renforcer la protection des personnes en mouvement sur ces routes et instaurer des solutions de rechange crédibles et légales à ces voyages périlleux et désespérés".

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