Arrêt du nucléaire allemand: pas de risques de black-out dans l'UE

"Les huit réacteurs qui vont être arrêtés représentent 10% du marché allemand de l'électricité et moins de 3% du marché européen", a-t-il souligné au cours d'un point de presse à l'issue d'une réunion des ministres de l'Energie de l'UE. "L'année dernière, l'Allemagne a produit beaucoup plus d'électricité qu'elle n'en consomme. La fermeture de ces huit réacteurs va réduire sa capacité d'exportation, mais aura peu d'impact pour les consommateurs", a-t-il assuré.

"La décision de l'Allemagne de fermer les 9 autres d'ici 2022 pose toutefois des problèmes à ses voisins à l'est et à l'ouest, car l'Allemagne est au centre de l'Europe et son marché électrique est le plus grand de l'Union européenne", a-t-il reconnu. "Une analyse va être menée sur les conséquences de cette décision et elle sera discutée entre les ministres de l'Energie à l'automne", a-t-il annoncé.

"Mais il ne faut pas tirer trop vite de conclusions. Annoncer des black-out électriques, c'est aller trop vite en besogne", a estimé le ministre hongrois de l'Energie Tamas Fellegi, qui présidait la réunion.

Les voisins de l'Allemagne s'inquiètent des conséquences de cette décision pour les prix et pour la sécurité des approvisionnements. "Il est évident que la décision de l'Allemagne va avoir une incidence pour les autres sources d'énergie, notamment l'éolien et le gaz", a déclaré M. Oettinger.

"La Russie qui fournit 520 milliards de m3 de gaz à l'UE chaque année va devenir un partenaire indispensable, et pour cette raison il faut diversifier les sources et les routes d'approvisionnement", a-t-il expliqué.

Pour le reste, la discussion franche entre partenaires européens à laquelle certains s'attendaient ce vendredi à Luxembourg après la décision non concertée de l'Allemagne de sortir du nucléaire d'ici 2022 n'a pas eu lieu. Le ministre hongrois, qui présidait la réunion, a rappelé que chaque Etat membre était libre de composer son bouquet énergétique comme il l'entendait.

La France, grand défenseur de l'atome civil, a bien fait part de ses réticences vendredi à Luxembourg, suivies quelque peu par la République tchèque et les Pays-Bas, qui redoutent les effets de la décision sur le marché intérieur de l'énergie.

Le ministre belge de l'Energie Paul Magnette a, lui, fait part de son "admiration" à la représentante allemande pour la décision de d'abandonner le nucléaire, selon des témoins de la réunion, tout en déplorant qu'elle n'ait pas fait l'objet d'aucune concertation préalable. Les ministres européens ont également profité de la réunion pour faire le point sur les tests de résistance des réacteurs nucléaires civils présent sur le Vieux continent, confirmant les décisions prises le mois derniers par les agences nationales de sûreté nucléaire.

Belga
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