Arrestation de Julian Assange: réactions en chaîne

Julian Assange, réfugié à l'ambassade d'Equateur à Londres depuis 2012, a été arrêté ce jeudi par des agents du service de la police métropolitain (MPS) au sein de celle-ci. La police britannique dit avoir été invitée à pénétrer dans l'ambassade d'Equateur à Londres, ce pays ayant mis fin au statut d'asile dont bénéficiait le lanceur d'alerte.

"Au Royaume-Uni, personne n'est au-dessus des lois", a déclaré Theresa May à la Chambre des Communes, louant le "grand professionnalisme" des policiers britanniques qui ont arrêté l'Australien.

Julian Assange "n'est pas un héros", a pour sa part déclaré le ministre britannique des Affaires étrangères Jeremy Hunt. "Ce qu'on voit aujourd'hui c'est que personne n'est au-dessus des lois", a-t-il ajouté, estimant qu'Assange "a fui la vérité pendant des années et il est juste que son avenir soit décidé par le système judiciaire britannique".

Les réactions à cette arrestation n'ont pas tardé. Le site Wikileaks a déclaré dans un tweet que l'Equateur "a mis fin illégalement" à l'asile politique qui lui avait été accordé.

De son côté, Moscou a rapidement réagi. La porte-parole de la diplomatie russe, Maria Zakharova a accusé Londres d'"étrangler la liberté".  "Nous espérons que tous ses droits seront respectés", a déclaré de son côté le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov.

Le président équatorien a défendu sur Twitter le retrait du statut d'asile à Julian Assange, une décision présentée comme "souveraine" et prise "après ses violations répétées des conventions internationales et des protocoles de la vie quotidienne".

Il a précisé que l''Australien ne sera pas extradé vers un pays où il risque la peine de mort. "J'ai demandé à la Grande-Bretagne la garantie que Julian Assange ne serait pas extradé vers un pays où il pourrait être torturé ou condamné à mort. Le gouvernement britannique me l'a confirmé par écrit", a déclaré Lenin Moreno.

L'indépendantiste catalan, Carles Puigdemont s'est lui aussi exprimé. "Tout mon soutien et ma solidarité à Julian Assange, et mon affection personnelle face à cette situation injuste. L’Union européenne doit protéger les droits fondamentaux, elle doit garantir que la défense des libertés est toujours protégée. "

"Le plus grand traître de l'histoire latino-américaine"

De son côté, l'ex-président équatorien Rafael Correa a accusé son successeur Moreno, le qualifiant de "plus grand traître de l'histoire latino-américaine".

"Cela met la vie d'Assange en danger et humilie l'Equateur. Jour de deuil mondial", écrit Rafael Correa sur son compte Twitter, dénonçant également "un crime que l'humanité n'oubliera jamais".

Le lanceur d'alerte Edward Snowden a également réagit en dénoncant l'arrestation de Julian Assange comme "une atteinte à la liberté de la presse".

Selon Agnès Callamard, rapporteur de l'ONU sur les exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires, l'Equateur fait courir à Assange "un risque réel de graves violations de ses droits fondamentaux".

L'Australie se dit "convaincue" qu'Assange sera traité de manière équitable au Royaume-Uni et va demander un accès consulaire au détenu.

L'avocat de Julian Assange a dénoncé la volonté américaine d'extrader "un journaliste étranger" qui est poursuivi, selon lui, pour "avoir publié des informations véridiques".

La justice britannique "va devoir se prononcer sur ce qui semble être un effort sans précédent des Etats-Unis pour obtenir l'extradition d'un journaliste étranger afin qu'il soit inculpé pour avoir publié des informations véridiques", a déclaré Barry Pollack dans un communiqué diffusé sur le compte Twitter de WikiLeaks.

L'avocat s'est également dit "amèrement déçu" que l'Equateur ait permis l'arrestation dans son ambassade de Julian Assange, "à qui il avait accordé la citoyenneté et l'asile".

La Une et La Trois bousculent leur programmation ce jeudi soir et proposent un documentaire exceptionnel : "Garzon-Assange. Le juge et le rebelle".

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