Armes chimiques en Syrie : Washington accuse Moscou d'empêcher de tenir Damas pour responsable

La Russie a "bloqué tous les efforts pour chercher à tenir pour responsable" la Syrie d'un recours aux armes chimiques, a accusé jeudi l'ambassadrice américaine à l'ONU, Linda Thomas-Greenfield, lors d'une visioconférence du Conseil de sécurité.

"Nous savons tous que le régime (de Bachar al-) Assad a utilisé de manière répétée des armes chimiques. Alors pourquoi le gouvernement syrien n'a-t-il pas été tenu pour responsable?", a-t-elle demandé.

"La réponse est malheureusement simple. Le régime d'Assad a essayé d'éviter d'être tenu pour responsable en faisant obstruction aux enquêtes indépendantes et en sapant le rôle et le travail de l'OIAC" (Organisation pour l'interdiction des armes chimiques), a ajouté l'ambassadrice, qui participait à sa première réunion du Conseil de sécurité sur la Syrie.

"Et les alliés du régime, notamment la Russie, ont aussi cherché à bloquer tous les efforts visant à tenir responsable" le régime de Bachar al-Assad, a-t-elle affirmé.

"La Russie a défendu le régime d'Assad malgré ses attaques aux armes chimiques, elle a attaqué le travail professionnel de l'OIAC et a sapé les efforts visant à tenir le régime d'Assad pour responsable de son utilisation d'armes chimiques et de nombreuses autres atrocités", a insisté la diplomate américaine.

Son homologue russe, Vassily Nebenzia, a répliqué en ironisant sur la demande en début de séance de l'Américaine -- présidente en exercice du Conseil de sécurité en mars et qui distribue la parole --, que les interventions soient brèves.

"On essaie toujours d'être bref mais ce n'est pas possible dans toute situation", a-t-il dit d'un ton professoral, avant de se lancer dans "un bref et utile compte-rendu historique sur les délibérations au Conseil" à l'attention de la novice ambassadrice américaine, entrée en fonctions en fin de semaine dernière à l'ONU.

"Sur le conseil de la Russie, la Syrie a adhéré en toute bonne foi à l'OIAC et s'est débarrassée de tous ses arsenaux chimiques", a assuré Vassily Nebenzia, alors que les Occidentaux en doutent fortement.

Selon l'ONU, qui a accusé dans le passé la Syrie d'attaques chimiques, Damas n'a toujours pas répondu à 19 questions posées depuis des années sur des installations qui auraient pu être utilisées dans la production ou le stockage d'armes chimiques.

En affirmant être en conformité avec le droit international, la Syrie a réfuté toutes les accusations portées par les Occidentaux, Etats-Unis en tête.

"La Syrie rejette cette ligne hostile et politisée", a répondu jeudi son nouvel ambassadeur, Bassam al-Sabbagh.

Archives JT du 17/04/2018 - Armes chimiques : guerre de la communication

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