Arme à feu imprimée avec une imprimante 3D: du jamais vu en Belgique

À première vue, l'arme ressemble à un jouet. Mais ce petit pistolet en plastique, imprimé grâce à une imprimante 3D, tire bien à balle réelle. Aux États-Unis, une société du Texas a demandé de pouvoir, à partir du 1er août, publier sur Internet les plans qui permettent de fabriquer ce type d’arme à l’aide d’une imprimante 3D qui coûte moins de 2000 euros.

Des plans téléchargés plus de 100.000 fois

En 2013, la justice américaine avait pourtant obligé cette entreprise texane a retirer ses plans de son site Internet. Les modes d'emploi sont restés en ligne pendant deux jours seulement. Mais entre-temps, les plans ont été téléchargés plus de 100.000 fois … notamment en Europe.

En 2018, soit 5 ans plus tard, la justice américaine est sollicitée pour pouvoir autoriser de nouveau la publication de ces plans sur la toile. Ce possible changement de cap fait l'objet d'un vif débat aux États-Unis entre les partisans d'un accès large aux armes à feu et ceux qui militent pour plus de contrôle dans un pays où on estime le nombre d'arme aujourd'hui en circulation à 310 millions. 

En Belgique, on n’a jamais vu le "pistolet imprimé" 

Nous avons contacté la Police fédérale et la personne qui dirige le banc d'épreuves des armes à feu, l'organisme qui teste toutes les armes dans notre pays. Des deux côtés, on confirme n'avoir jamais vu cette arme "imprimée" en Belgique, lors d’une perquisition par exemple ou dans le cadre d’une enquête dans un milieu criminel.

Guy Theyskens, porte-parole de la police fédérale, explique : "Ce n’est pas pour demain que tout le monde pourra imprimer son arme à la maison même si les technologies évoluent rapidement. Il est en réalité possible de trouver sur Internet des plans qui permettent de réactiver des armes qui étaient inopérantes et ce genre de réactivation est plus facile actuellement que d’imprimer une arme en 3D."

Il ajoute que les services de police suivent évidemment cette évolution technologique et les risques pour la sécurité qui peuvent y être liés, non seulement en Belgique mais aussi au niveau européen : "Il existe une plateforme européenne nommée EMPACT (European multidisciplinary platform against criminal threats) qui traite différents phénomènes prioritaires. Un de ces phénomènes prioritaires, c’est le trafic et la prolifération des armes à feu. Différents plans d’action sont mis en place. Un de ceux-ci, c’est le monitoring et le suivi des évolutions technologiques qui permettent d’imprimer ces armes en 3 dimensions. Ce plan est piloté par la France".

La porte ouverte à un nouveau trafic ? 

Christophe Nguyen, qui dirige actuellement le banc d’épreuves des armes à feu à Liège, commente : "Ce qui surprend dans cette nouvelle technologie, c’est la facilité d’accès à la fabrication d’une arme à feu. Néanmoins, en Belgique, la fabrication d’arme à feu reste tout à fait contrôlée. Il faut être agréé armurier pour pouvoir fabriquer des armes. Mais si les plans sont disponibles sur Internet et que la technologie est accessible à des prix dérisoires, cela pourra peut-être ouvrir la porte à un certain trafic nouveau. Et si nous sommes confrontés à ce trafic qui est quand même régulièrement contrôlé, il faudra peut-être imaginer des nouvelles dispositions pour contrecarrer ces nouvelles tendances."  

Cet américain parvient à fabriquer des armes grâce à une imprimante 3D

(images CBS)

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