Après le vote de mardi sur le Brexit, quels sont les scénarios possibles?

A la veille d’un vote crucial sur le Brexit, quelle sont les chances pour la Première ministre britannique de faire voter mardi l’accord de retrait du Royaume Uni de l’Union européenne ?Pour Philippe Marlière, professeur de sciences politiques à University College de Londres, ces chances sont minimes : "On s'attend à ce que le texte soit rejeté. Il n'y a pas de majorité à l'heure actuelle en faveur de ce texte. Il y a aura une défection relativement importante du groupe conservateur et l'ensemble du groupe travailliste qui est important va voter contre ainsi que pas mal d'autres petits partis".

Quel est le plan B?

Tous les observateurs s'accordent donc à dire qu'il n'y aura pas d'accord sur la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne d'ici le 29 mars.

En cas de "no deal", quel est donc le plan B ?

Theresa May aura 3 jours pour dire au Parlement ce qu'elle compte faire, une façon de la mettre sous surveillance et d'indiquer que pour une majorité de parlementaire, il n'est pas question de sortir sans accord, explique Philippe Marlière.

"Ce qui est redouté le plus par une large majorité de députés et par tout le monde en Grande-Bretagne, c'est une sortie sans accord. Ce serait un saut dans l'inconnu".

Pour le professeur à University College, plusieurs scénarios sont encore possibles à deux mois et demi du Brexit. 

  • "Un deuxième référendum, mais nous n'en sommes pas là parce que les deux principaux dirigeants, le leader de l'opposition et la Première ministre n'en veulent pas". Cette première option est malgré tout populaire dans le pays, ce qui illustre bien le fossé entre la population et ses dirigeants, observe Philippe Marlière.
  • Deuxième possibilité, le leader de l'opposition travailliste Jeremy Corbyn privilégie une dissolution des chambres. Mais selon le professeur Marlière, une motion de censure que le chef de file des travaillistes déposerait a peu de chances d'aboutir car il devrait débaucher une partie des élus conservateurs et c'est impensable.
  • Troisième option : renégocier. "Ce n'est pas la première fois qu'elle le fait, souligne Philippe Marlière, et on voit que chaque fois elle revient avec très peu".
  • Dernière hypothèse : un report du Brexit, mais il faudrait que l'Union européenne l'accorde, ce qui n'est pas impossible, par exemple jusqu'à l'été. Une option rejetée par Theresa May elle-même.

Les Européens parlent d'une seule voix

Un des rares aspects stables de la saga du Brexit est justement le fait que les Européens continuent à parler d'une seule voix : "On voit mal au nom de quoi ils pourraient faire des concessions", remarque Philippe Marlière qui qualifie d'"amateurisme, d'improvisation et d'impréparation de la part du gouvernement, avec une opposition très faible, peu consistante de la part de Jeremy Corbyn".

Mais plus on se rapproche de la fin mars, plus une réécriture in extremis est possible, poursuit le professeur, pour éviter le "no deal" redouté par les Britanniques mais également par les Européens.

C'est cette peur du "no deal" qui pourrait mener à "un tripatouillage de dernière minute" du texte pour le rendre votable par le Parlement britannique, estime Philippe Marlière. 

No deal à cause de l'amateurisme du gouvernement

"Tout est improvisé, il y a des rebondissements continuels", ajoute encore Philippe Marlière.

Les tenants du Brexit "essayent de plaire à un électorat ultra anti-européen mais qui ne fait pas une majorité. Néanmoins, ils ont réussi à faire voter le Brexit étant donné que le gouvernement a très mal traité le dossier, avec beaucoup d'improvisation, d'arrogance et d'amateurisme, par malentendu, ils ont gagné le Brexit et on pourrait sortir sans deal, c'est ce qu'ils veulent mais ce n'est pas ce que veut la majorité du public", conclut Philippe Marlière.

Suite de la saga, ce mardi au Parlement de Londres...

Sujet du JT 13h de ce mardi 15 janvier:

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK