Après le vote de confiance, quel plan B pour le Brexit?

Après le vote de confiance, quel plan B pour le Brexit?
Après le vote de confiance, quel plan B pour le Brexit? - © Tous droits réservés

Comme attendu, Theresa May n'a pas réussi mardi soir à faire adopter par son Parlement son accord sur le Brexit négocié avec l'Union européenne. Sa défaite à la Chambre des communes est historique. Lourde : 202 contre 432, car un tiers des députés conservateurs ont aussi voté contre l'accord. La Première ministre vient à présent d'échapper à une motion de censure lancée à son encontre par l'opposition travailliste. Cette fois, les Tories ont resserré les rangs car ils ne tenaient pas à aller aux élections anticipées et prendre le risque de voir le Labour gagner. Theresa May est confirmée à son poste, mais affaiblie.

Que va à présent faire la Première ministre ?

1. Renégocier pour une sortie en douceur

Theresa May a déjà annoncé qu’elle rencontrera – à partir de jeudi - des parlementaires chevronnés, tous partis confondus, une "trans-party negociation", pour imaginer une alternative à l’accord rejeté. Mais personne sait à l'heure actuelle à quoi pourrait ressembler ce plan B.

Theresa May a rappelé mardi quel était son objectif : honorer le choix des électeurs britanniques et donc organiser une sortie ordonnée du Royaume-Uni de l’Union européenne. Pour ça, elle veut travailler sur une solution soutenue par le parlement britannique. Pas question de subir un nouvel affront.

Elle se dit prête à réfléchir sur toute idée qui serait "véritablement négociable", autrement dit potentiellement acceptable par les Européens.

Pour l'instant, la Commission européenne considère que la balle est dans le camp des Britanniques. Ce mercredi midi, la Commission a redit qu'il n'y a pas de possibilité de renégocier l'accord obtenu à ce point. Le négociateur en chef de l'Union européenne pour le Brexit Michel Barnier entrouvre timidement la porte en indiquant que "si le Royaume-Uni choisit de faire évoluer ses propres lignes rouges et fait le choix de plus d'ambition au-delà d'un simple accord de libre-échange, l'UE restera prête à répondre favorablement".

Selon la presse britannique, les membres du gouvernement britannique, qu’ils soient pro-européens ou eurosceptiques, s’attendent désormais à un Brexit plus soft, ça veut dire que le Royaume-Uni resterait plus proche de l’Union que ce qui était prévu dans l’accord rejeté mardi soir.

Mais Theresa May semble déjà exclure l’idée du parti travailliste d’une Union douanière complète avec l’Europe. Reste à voir si elle restera intransigeante sur cette ligne rouge.

Une fois renégocié, l'accord pourrait être représenté au Parlement, mais sans aucune garantie qu'il l'acceptera.

2. Représenter le même accord?

Theresa May pourrait aussi théoriquement de présenter son accord à la Chambre des communes.

Jouer la montre, tabler sur la crainte d'une sortie désordonnée et espérer en deuxième instance un vote favorable.

Vu l'ampleur de sa défaite de mardi, il est peu probable que la Première ministre se risque à un tel exercice : elle a toute les chances d'obtenir le même résultat.

3. No deal

Quitter l'Union sans accord, c'est la solution par défaut. Jusqu'à présent ce n'était absolument pas l'option poursuivie par Theresa May qui a tout fait pour obtenir un accord. L'hypothèse est peu probable.

4. Report du Brexit

Pour éviter une sortie brutale, sans accord et sans consensus politique sur un plan B, une option semble émerger : un report du Brexit.

Possible. Le Royaume-Uni n'a pas encore demandé d'extension du processus, de report du Brexit. Si c'était le cas, il faudrait un accord à l'unanimité des 27, comme le prévoit l'article 50 du Traité.

L'Union Européenne étudierait actuellement l'option d'un report à 2020 d'après le Times. Si tel est le cas, il n'y aura provisoirement pas de Brexit. Si l'Union refuse, ce sera un Brexit dur, chaotique, catastrophique pour l'économie. 

La France, elle se dit ouverte à la possibilité de repousser la sortie du Royaume-Uni de l'Union mais Berlin estime que là encore, c'est au Parlement britannique de se prononcer.

5. Un second référendum

C'est une autre façon de reporter le Brexit ou... de l'enterrer, même si pour l’instant cette dernière idée est aussi rejetée par Theresa May et surtout prendrait beaucoup de temps.

Soir première 16/01/2019

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