Après deux semaines d’incendies, les feux font encore des ravages dans le sud de l’Europe: le point en Grèce, Italie et Turquie

Avec un mercure oscillant entre 40 et 45 °C, la Grèce, la Turquie et l’Italie traversent une canicule exceptionnelle que les experts relient sans équivoque au changement climatique.

Ces fortes chaleurs ont eu pour effet de lancer de nombreux incendies qui font encore rage aujourd’hui. Retour sur les événements de ces derniers jours dans le sud de l’Europe.

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De nombreux feux sont encore actifs ce 7 juillet dans le sud de l’Europe © Capture d’écran du programme Copernicus

En Grèce : Olympie est menacée et de nombreux touristes sont évacués

Depuis la fin du mois de juillet, la Grèce subit sa pire canicule en plus de 30 ans. Dès le week-end du 31 juillet, les températures se sont envolées à plus de 40 °C dans plusieurs régions de la République hellénique.

Néanmoins, les premiers feux avaient déjà pris avant ces importantes chaleurs. Dès le 27 juillet, un violent incendie faisait rage dans une forêt au pied du Pentélique, au nord-est de la capitale Athènes. Le premier d'une longue série.

Le samedi 31 juillet, de nouveaux feux se sont déclarés près de la ville de Patras dans le nord du Péloponnèse, la plus grande des péninsules grecques, et plusieurs villages ont été évacués. Malgré les efforts des pompiers, les feux se sont propagés et de nouveau départs d’incendie ont eu lieu. Deux autres incendies se sont également déclarés sur l’île de Rhôdes où des villages ont dû être évacués dans la nuit de dimanche à lundi. Selon la protection civile, 56 feux de forêts sont apparus dans la région durant ce premier week-end.


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Dès le lundi 2 août, les températures ont atteint 45 °C dans certaines régions, poussant les autorités à fermer de nombreux sites touristiques durant l’après-midi.

Le lendemain, un nouveau feu de forêt s’est déclenché au pied du Mont Parnès, à 30 km au nord d’Athènes. Les autorités ont par la suite décidé de fermer par précaution une partie de l’autoroute reliant la capitale grecque au nord et au sud du pays, coupant presque Athènes du reste du pays.


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Mercredi, les pompiers continuaient de combattre les flammes. La Grèce comptait alors une quarantaine de gros incendies sur son territoire. De nouveaux feux se sont déclenchés au nord de l’île d’Eubée, à 200 km d’Athènes, où plusieurs villages et un monastère ont été entourés par les flammes.

Les incendies ont ensuite continué à progresser malgré les efforts des pompiers. Jeudi, une centaine de feux étaient répertoriés.

Les flammes, qui se sont propagées dans l’ouest du Péloponnèse, ont alors mis en danger le site de l’ancienne Olympie, berceau des jeux olympiques et listée au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Au pied du Mont Parnès, l’incendie a repris en intensité tout comme du côté de l’île d’Eubée où plus de 1300 personnes ont dû être évacuées.

Vendredi et samedi, les incendies, incontrôlables, ont encore gagné du terrain. Plus de 1450 pompiers grecs, épaulés par des renforts d’autres pays européens venus notamment avec des avions et hélicoptères bombardiers d’eau, combattent encore actuellement huit feux majeurs : cinq au nord d’Athènes et sur l’île d’Eubée ainsi que trois à l’ouest du Péloponnèse.

Après 11 jours d’intenses incendies, les autorités grecques recensent deux personnes décédées ainsi qu’une vingtaine de blessées, dont deux pompiers volontaires hospitalisés dans un état critique.

Au 5 août, les surfaces brûlées en Grèce avaient déjà dépassé de 180% la moyenne de la période 2008-2020, selon les données du Système européen d’information sur les feux de forêts. Plus de 30.000 hectares ont été ravagés par les incendies.

En Italie : un homme boute le feu alors que le sud de la Botte est en flamme

En Italie, les premiers incendies ont pris il y a deux semaines dans l’est de la Sardaigne où plusieurs centaines de personnes ont dû être évacuées. Malgré le combat des pompiers qui ont tenté d’éteindre l’incendie avec des avions et des hélicoptères bombardiers, près de 20.000 hectares ont été ravagés.

Une semaine plus tard, ce sont 800 départs de feu qui ont été enregistrés, principalement dans le sud de la botte italienne. La Sicile, la Calabre et les Pouilles sont les principales régions touchées.

La péninsule connaît elle aussi un épisode de fortes chaleurs avec des températures atteignant les 40 °C à Bari (Pouilles) ou 39 °C à Catane et Palerme (Sicile) qui facilitent le lancement de nouveaux incendies.

Mais d’après la Coldiretti, l’un des principaux syndicats d’agriculteurs en Italie, cette sécheresse n’explique pas le nombre important d’incendies sur le territoire. Pour le syndicat, "les derniers départs de feu confirment que les incendies sont provoqués par des criminels" mais il reconnaît que "la chaleur et la sécheresse" ont facilité le travail des pyromanes.


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Une hypothèse que soutient Roberto Cingolani, le ministre italien de la Transition écologique, pour qui plus de 70% des feux seraient causés par l’être humain : "Nous avons 57,4% des incendies qui sont causés volontairement et 13,7% causés involontairement par l’homme. Moins de 2% des incendies sont dus à des causes naturelles, comme la foudre par exemple, plus de 4% ont des origines "indéterminées" et 22% des origines "inclassables", ce qui veut dire que l’intervention humaine n’est pas exclue dans ces derniers".

Dernier exemple en date, dans une vidéo partagée par les carabiniers sur Twitter, un homme a été filmé en train de mettre le feu à des brindilles pour lancer un incendie.

Vendredi, les pompiers ont annoncé sur Twitter avoir effectué 546 interventions.

Onze canadairs ont été envoyés sur le terrain pour renforcer les équipes, dont neuf en Calabre où le vent fort a rendu complexes les opérations de sauvetage.

Jusqu’à maintenant, deux décès sont à déplorer. Les corps d’une femme et d’un homme ont été découverts sans vie dans une ferme à San Lorenzo, en Calabre.

En Turquie : toute la côte méditerranéenne est touchée

En Turquie, les premiers gros incendies se sont déclarés le mercredi 28 juillet sur les côtes méditerranéennes du sud du pays. Plusieurs foyers distincts se sont développés à proximité de nombreux sites touristiques tels qu’Antalya, Mugla, Marmaris et Bodrum

Rapidement, les flammes, aidées par des vents violents, ont atteint des zones habitées. Des milliers d’habitants et des touristes ont dû être évacués.

Le vendredi 30 juillet, les autorités turques ont annoncé avoir maîtrisé la majorité de ces feux de forêt.

Néanmoins, les pompiers ont éprouvé des difficultés à circonscrire la dizaine de feux toujours actifs et de nouveaux incendies se sont alors déclarés dans plusieurs provinces turques.


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Au total, ce sont plus de 200 feux qui se sont déclenchés dans le sud de la Turquie.

Aujourd’hui, aidée par les effets de la pluie, la Turquie ne compte plus que 13 incendies encore actifs. Les autorités déplorent actuellement la mort de huit personnes et des dizaines de personnes ont été hospitalisées.

La Turquie subit actuellement les pires incendies depuis au moins une décennie, selon des données officielles, avec près de 95.000 hectares brûlés jusqu’à présent en 2021, contre une moyenne de 13.516 à ce stade de l’année entre 2008 et 2020.

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