La Chine libère le dissident Hu Jia, l'UE salue mais en demande plus

Le dissident chinois Hu Jia et sa femme Zeng Jinyan, chez eux, à Pékin, le 9 janvier 2007
Le dissident chinois Hu Jia et sa femme Zeng Jinyan, chez eux, à Pékin, le 9 janvier 2007 - © Frederic J. Brown

Un des dissidents chinois les plus connus, Hu Jia, a été libéré dimanche après trois ans de prison, quelques jours après un autre célèbre défenseur des droits de l'Homme, l'artiste Ai Weiwei, mais tous deux ne s'exprimeront probablement pas, sous la pression des autorités.

Hu Jia, l'un des dissidents chinois les plus connus, a été libéré ce dimanche après trois ans de prison.

L'homme avait été condamné en avril 2008, quelques mois avant les jeux Olympiques, pour tentative de subversion, en raison de propos publiés sur internet et de ses entretiens accordés à la presse étrangère.   

"Après une nuit sans sommeil, Hu Jia est arrivé chez lui à 02h30 du matin. Tranquille, très heureux. Il a besoin de se reposer. Merci à tous", a écrit sa femme, Zeng Jinyan, également militante des droits de l'Homme, sur son compte Twitter.

Hu Jia s'était heurté au pouvoir communiste pour avoir défendu les malades du sida, l'environnement et le mouvement pour la démocratie de la place Tienanmen.

Il est le deuxième dissident célèbre à être libéré par les autorités chinoises en quelques jours. Mercredi soir, l'artiste Ai Weiwei avait été relâché sous caution, après près de trois mois de mise au secret, et quelques jours avant la visite du Premier ministre Wen Jiabao en Grande-Bretagne et en Allemagne.

Privé de ses droits politiques

Comme Ai Weiwei, et d'autres dissidents libérés récemment, Hu Jia devrait voir sa liberté de parole et d'agissements strictement limitée, comme condition de sa sortie de prison.

Hu Jia "sera privé de ses droits politiques pendant un an et ne pourra pas rencontrer les médias", avait prévenu sa femme la semaine dernière sur son compte Twitter. "Pendant cette période, il devra soigner sa cirrhose et prendre soin de sa famille", avait-elle ajouté.

Le dissident souffre d'une cirrhose du foie qui a empiré en prison. Pendant toute l'incarcération de son mari, Zeng Jinyan avait vivement critiqué sur son blog les traitements médicaux inadéquats, mais ses commentaires s'étaient adoucis ces derniers mois, signe de pressions exercées sur la jeune femme.

Les restrictions imposées à Hu Jia n'étaient pas encore connues dans le détail dimanche. Lui comme sa femme étaient injoignables par téléphone et la police interdisait aux journalistes d'approcher l'immeuble où le couple habite, dans la banlieue de Pékin.

Hu Jia a été souvent cité pour le prix Nobel de la paix et a été distingué plusieurs fois, avec par exemple en 2008 le prix Sakharov "pour la liberté de pensée" décerné par le Parlement européen.

L'UE insiste pour que Hu Jia recouvre tous ses droits

La chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton a salué dimanche la libération du dissident chinois Hu Jia, mais son porte-parole a insisté pour qu'il recouvre tous ses droits.

"Evidemment nous saluons le fait que Hu ait été libéré", a déclaré à l'AFP le porte-parole de Mme Ashton, Michael Mann. "Mais il est important de rester vigilant sur la façon dont il est traité à partir de maintenant. Nous espérons que Hu va recouvrer tous ses droits".

Le Premier ministre chinois, Wen Jiabao, est en déplacement ce dimanche en Grande-Bretagne, avant des entretiens avec son homologue britannique, David Cameron, et la tenue lundi d'un sommet annuel Royaume-Uni - Chine.

Comme l'artiste Ai Weiwei et d'autres dissidents libérés récemment, Hu Jia devrait avoir une liberté de parole et d'action strictement limitée.


RTBF avec AFP et Belga
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