Après 6 semaines de vote : fin du marathon électoral en Inde

Après 6 semaines de vote: fin du marathon électoral en Inde
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Après 6 semaines de vote: fin du marathon électoral en Inde - © Tous droits réservés

C’est le dernier jour de ses gigantesques élections législatives. Les nationalistes hindous de Narendra Modi espèrent être reconduits au pouvoir pour cinq ans.

« Aujourd’hui, je suis fier du fait qu’au cours des cinq dernières années, avec l’aide du peuple, la ville de Varanasi s’est engagée sur la voie du développement. Elle a donné l’exemple à tout le pays. Mais, qu’il s’agisse de logement ou de toilettes, de gaz ou d’électricité, Varanasi a donné l’exemple dans tous les domaines » a déclaré le Premier ministre sortant.

Près de 120 millions d’électeurs, sur les 900 au total que compte la démocratie la plus peuplée du monde, sont appelés aux urnes dimanche pour la septième et dernière phase de ce plus grand scrutin de l’Histoire.

En raison des dimensions géographiques et démographiques de l’Inde, géant d’Asie du Sud, les régions votent à tour de rôle depuis le 11 avril. Les derniers bureaux de vote fermeront à 14h30. La participation s’est établie à 66% aux précédentes phases du scrutin, un niveau habituel pour ces élections, temps fort de la vie de la troisième économie d’Asie.

Calcutta et la ville sacrée de Varanasi sont les principaux points d’attention de cette dernière journée de vote.

Aucune violence majeure n’a été signalée à Calcutta, où partisans du Premier ministre sortant Narendra Modi et de l’opposition se sont affrontés dans des combats de rue cette semaine.

Une campagne tendue

Les 6 semaines de scrutin ont été tendues. La police locale a procédé à plus d’une centaine d’interpellations. Une campagne électorale agressive qui tient néanmoins en haleine cette nation de 1,3 milliard d’habitants depuis des semaines.

« Le niveau de la politique indienne a gravement baissé », a déclaré à l’AFP Asit Banerjee, professeur d’histoire de Calcutta, en se rendant au bureau de vote. « Le combat de boue sans fin et les déclarations vitupératrices ont imprégné la campagne », a-t-il estimé.

Le nationaliste hindou Narendra Modi brigue un deuxième mandat de cinq ans. Il a en face de lui une myriade de puissants partis régionaux décidés à le faire chuter, ainsi que l’historique parti du Congrès emmené par l’héritier de la famille Gandhi, Rahul.

Les analystes doutent toutefois qu’il parvienne à réitérer son exploit de 2014 d’obtenir la majorité absolue avec son seul parti. Il pourrait devoir former une coalition pour se maintenir à son poste, ce qui constituerait un retour à la norme pour la politique indienne.

Le Premier ministre de 68 ans est personnellement à l’épreuve des urnes ce dimanche. Sa circonscription de Varanasi (Bénarès, nord), ville sacrée de l’hindouisme située sur le bord du Gange, vote à l’occasion de cette septième phase.

Mohammed Arif, habite Varanasi et ne pense pas que Modi a fait changer le pays. « Qu’est-ce que Modi change ? Comme si mettre quelques lumières et quelques décorations, c’était du changement. Le vrai changement, c’est quand les gens sont heureux, quand il y a de l’avancement, quand les entreprises réussissent. Mais ici, les entreprises ne vont pas bien, alors comment va-t-on progresser ? »

« Au lieu de défendre son bilan, Modi a joué sur nos insécurités et fait vibrer nos peurs intérieures profondes » a estimé dimanche le commentateur politique Karan Thapar dans les colonnes du quotidien Hindustan Times. » Son but était de nous rappeler la vulnérabilité de l’Inde. Il a donc attisé la peur, au point de créer la paranoïa, sans parler de sujets pressants comme la crise rurale ou le chômage, juge l’éditorialiste, égratignant aussi la campagne de Rahul Gandhi pour son manque de souffle. »

La plus grande démocratie du monde ?

Neuf cents millions d’électeurs et sept phases de vote se sont étalés sur six semaines, du 11 avril au 19 mai, pour un scrutin législatif : faisant de ce scrutin les plus grandes élections de l’histoire. Un miracle électoral qui remonte à 1950 quand le pays rédige sa Constitution, deux ans seulement après avoir gagné son indépendance. L’année suivante, l’Inde faisait le pari de sa première élection au suffrage universel, alors que seulement 11% des Indiens savaient lire et écrire.

Mais depuis quelques années, le pays dégringole dans le classement de la liberté de la presse, le gouvernement de New Delhi est entièrement centralisé et beaucoup critiquent la personnalisation du pouvoir par son Premier ministre, Narendra Modi.

Selon le dernier classement de Reporters Sans frontières, l’Inde est 140e (sur 180 pays) en matière de liberté de la presse.

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