Albert de Monaco appelle à la mobilisation en faveur de l'Antarctique

Antarctique: Albert de Monaco en compagnie du ministre des Affaires étrangères Didier Reynders (MR)
Antarctique: Albert de Monaco en compagnie du ministre des Affaires étrangères Didier Reynders (MR) - © BELGA PHOTO DIRK WAEM

Le prince Albert II de Monaco, un ardent défenseur de l'environnement, a ouvert mercredi à Bruxelles la 36e réunion consultative des parties au traité Antarctique (ATCM), un forum de discussion annuel qui rassemble les représentants des parties signataires du traité de Washington de 1959 en appelant à la mobilisation en faveur de la défense du "Continent blanc", menacé notamment par le réchauffement climatique.

Nous avons un "devoir de mobilisation" pour défendre l'Antarctique, un "continent essentiel à notre survie" où "les obstacles et périls sont de plus en plus menaçants, a-t-il affirmé devant les délégués réunis au Palais d'Egmont, plusieurs ministres belges et l'ancien Premier ministre français Michel Rocard, désormais "ambassadeur de la France pour les pôles" nord et sud.

"C'est là que notre avenir est en question", a ajouté le prince monégasque.

Le traité sur l'Antarctique, signé en 1959 pour douze pays - ils sont actuellement cinquante -, fait du Continent blanc une terre démilitarisée, où l'exploitation des minerais et du pétrole est interdite. Un protocole additionnel, relatif à la protection de l'environnement, en fait depuis 1998 "une réserve naturelle dédiée à la science et à la paix".

Mais l'Antarctique doit faire face à plusieurs menaces, comme le réchauffement climatique, amplifié aux pôles selon de récentes études scientifiques, l'exploitation des ressources biologiques, la surpêche et le tourisme, conviennent les experts.

"Le danger de la surpêche commence à se poser de manière très aiguë", a renchéri le prince Albert, plaidant pour "la création d'aires maritimes protégées" et d'une extension des principes du traité aux zones maritimes adjacentes à l'Antarctique.

Il a appelé à une "sensibilisation la plus large possible" en faveur de la sauvegarde de l'Antarctique, qui passe selon lui par une coopération internationale renforcée.

"Ce continent dédié à la science (...) ne bénéficie pas suffisamment de programmes scientifiques internationaux coordonnés", a regretté Albert II.

"La recherche en Antarctique souffre d'un fractionnement regrettable", a déploré le prince monégasque, qui a traversé le continent d'ouest en est lors d'un périple de 17 jours en 2009.

"Des 80 stations de recherches installées en Antarctique, deux seulement peuvent être qualifiées d'internationales. Et encore, elles ne concernent à chaque fois que deux pays", a-t-il fait observer en insistant sur les avantages "économiques, écologiques et diplomatiques" d'une coopération renforcée.

Dans un appel commun lu par M. Rocard, le prince Albert, l'ancien Premier ministre français et son ex-homologue australien Robert Hawke ont suggéré la mise en commun des infrastructures et de la logistique par les pays présents en Antarctique.

"Il est pour le moins surprenant de constater qu'il n'existe quasiment aucune initiative d'internationalisation des infrastructures et de la logistique dans la zone du traité", a-t-il constaté.

"Si l'on songe aux avantages potentiels que représente la mutualisation des moyens et des coûts logistiques, sans oublier la réduction de l'empreinte écologique, cette situation est plus surprenante encore", a-t-il précisé.

M. Rocard a appelé les parties au traité "à décider l'ouverture d'un espace de discussion et de réflexion" sur ce thème, d'autant plus nécessaire en temps de "crise mondiale et de difficultés budgétaires des Etats".

Le bénéfice serait "double", selon les signataires de l'appel: "un meilleur développement de la science et renforcement de l'harmonie internationale" en Antarctique.

La conférence de Bruxelles, qui rassemble jusque mercredi prochain 450 délégués, scientifiques renommés, décideurs politiques et observateurs internationaux, doit contribuer à la définition de nouvelles règles de préservation de l'écosystème, afin d'obtenir, étape par étape, le consensus nécessaire entre les signataires du traité de l'Antarctique. Une soixantaine de documents devrait être approuvée, tout comme une déclaration finale de quelque 300 paragraphes.

Le ministre belge des Affaires étrangères, Didier Reynders, a exprimé son espoir que l'ACTM puisse "faire progresser l'idée de travailler ensemble" plutôt que de laisser chaque pays "planter son drapeau national".

"L'Antarctique, c'est un peu comme l'airco (conditionnement d'air de la Terre). S'il se réchauffe, c'est toute la planète qui se réchauffe", a pour sa part lancer le secrétaire d'Etat belge à l'Environnement, Melchior Wathelet, pour résumer les enjeux de la conférence.


Belga

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