Annexion de la Cisjordanie : le Parlement belge demande la préparation de sanctions contre Israël

La Chambre a adopté dans la nuit de jeudi à vendredi une résolution qui demande au gouvernement de préparer une liste de " contre-mesures " en cas d’annexion par Israël d’une partie des territoires palestiniens. Une autre résolution demandant que la Belgique reconnaisse de l’État de Palestine a en revanche été renvoyée en commission, après le dépôt d’amendements de dernière minute par le MR.

Le gouvernement israélien dirigé par Benjamin Netanyahou a annoncé son intention d’annexer une partie de la Cisjordanie occupée. Israël intégrerait dans son territoire les zones de colonies implantées sur le territoire palestinien, ainsi que la vallée du Jourdain. Cette annexion pourrait intervenir d’ici quelques jours, à partir du 1er juillet, en concertation avec les Etats-Unis. Pour la grande majorité des autres pays du monde, cette initiative unilatérale constitue une violation du droit international et une menace pour la paix avec les Palestiniens et d’autres pays de la région.

Une liste de contre-mesures efficaces destinées à répondre de manière proportionnelle à toute annexion israélienne du territoire palestinien occupé

Le groupe Ecolo-Groen a rédigé une résolution qui demande au gouvernement belge de prendre des initiatives pour empêcher cette annexion. La Belgique devrait " jouer un rôle de premier plan aux niveaux européen et multilatéral en vue de l’élaboration d’une liste de contre-mesures efficaces destinées à répondre de manière proportionnelle à toute annexion israélienne du territoire palestinien occupé ", dit le texte.

On sait que la question divise les pays européens, entre ceux qui préconisent une attitude de fermeté à l’égard d’Israël, ceux qui refuse d’envisager toute sanction, et ceux qui cherchent à limiter la réaction européenne. La résolution prévoit que, s’il n’y a pas d’accord au niveau européen, la Belgique devrait chercher à mettre sur pied d’une " coalition entre États membres partageant les mêmes idées ", pour élaborer une réponse commune.

" Il ne s’agit pas du combat d’un camp contre l’autre ", a expliqué le député Ecolo Simon Moutquin. " Il s’agit de défendre le droit international. Il n’y a pas d’équidistance à respecter dans ce combat-là. " Pour lui, la résolution poursuit deux objectifs : " D’une part, envoyer un message au gouvernement israélien : ne franchissez pas cette ligne rouge. D’autre part, redonner un peu d’espoir aux Palestiniens qui subissent une injustice depuis des décennies. "

La chambre a adopté ce texte avec 101 voix pour et 39 abstentions.

La demande de reconnaissance de l'Etat palestinien reportée

L’autre projet de résolution, porté par le PS, demandait au gouvernement " de reconnaître formellement l’État de Palestine à côté de l’État d’Israël ". Une résolution de 2015 invitait la Belgique à franchir ce pas " au moment opportun ". En commission des Affaires étrangères, une courte majorité avait estimé que ce moment était arrivé, en raison des projets israéliens d’annexion.

Le Mouvement Réformateur a déposé jeudi des amendements de dernière minute qui modifiaient substantiellement le texte. Le projet de résolution devra donc faire l’objet d’un nouveau débat en commission. Un nouveau vote en plénière pourrait avoir lieu jeudi prochain.

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