Amnesty International dénonce des dizaines de milliers de disparitions forcées en Syrie

Le gouvernement syrien est responsable de dizaines de milliers de disparitions forcées au cours des quatre dernières années, dénonce jeudi Amnesty International sur base de son nouveau rapport intitulé "Entre la prison et la tombe". L'organisation évoque "une campagne soigneusement orchestrée destinée à semer la terreur et à écraser le moindre signe de dissidence à travers le pays".

Le Réseau syrien pour les droits humains a rassemblé des informations sur au moins 65 000 disparitions depuis 2011, dont 58 000 disparitions de civils, rapporte Amnesty. "Les personnes capturées sont généralement détenues dans des cellules surpeuplées, dans des conditions épouvantables et sans aucun contact avec le reste du monde. Beaucoup meurent des suites de maladies et de torture ou sont victimes d'une exécution extrajudiciaire."

"Imposer des sanctions ciblées"

Les profils les plus visés sont ceux des des opposants, militants des droits humains, journalistes, médecins et travailleurs humanitaires. Selon l'organisation, l'État tire profit de ces crimes contre l'humanité par le biais d'un marché noir, les familles cherchant à obtenir des informations étant exploitées par des individus qui leur soutirent de l'argent. "Ce système constitue 'la poule aux oeufs d'or' pour le régime, une source de financement sur laquelle il compte", selon un avocat cité par Amnesty. En février 2014, le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté la Résolution 2139, qui demande qu'il soit mis fin aux disparitions forcées en Syrie, mais il n'a pas encore pris de mesures supplémentaires pour garantir sa mise en oeuvre, déplore Amnesty.

"Le Conseil de sécurité de l'ONU doit confier le dossier au procureur de la Cour pénale internationale et imposer des sanctions ciblées, y compris un gel des avoirs des autorités syriennes", réclame l'organisation.

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