Amnesty International demande à Joe Biden la fermeture du camp de Guantánamo

Amnesty International demande à Joe Biden de fermer le camp de Guantanamo
Amnesty International demande à Joe Biden de fermer le camp de Guantanamo - © Alex Potemkin - Getty Images

Le camp de Guantánamo entre dans sa 20ème année. Joe Biden s’apprête à s’installer à la Maison Blanche. C’est l’occasion pour Amnesty International de publier un nouveau rapport demandant la fermeture de l’installation militaire extraterritoriale. Ce n'est pas seulement la situation des 40 derniers détenus qui motive Amnesty mais les violations des droits humains, passées et présentes. En grand nombre selon l'organisation. 

Il ne s’agit pas seulement des 40 personnes encore détenues à Guantánamo, mais des crimes de droit international commis au cours des 19 dernières années et de l’absence d’obligation de rendre des comptes pour ces crimes. Il est aussi question de l’avenir, alors que nous approchons du 20e anniversaire des attentats du 11 septembre et œuvrons pour obtenir une justice durable. 

C'est ce qu'a déclaré Daphne Eviatar, directrice du programme Sécurité et droits humains à Amnesty International États-Unis.

Histoire du camp

Les Etats-Unis disposent du terrain de Guantánamo dans le cadre d'une location annuelle à l'état cubain. Le bail a commencé en 1903 et était destiné à l'installation d'une base militaire de l'armée américaine. Les installations ont accueilli des infrastructures d'incarcération à partir de 1994. Initialement, pour isoler les prisonniers haïtiens mêlés aux réfugiés du coup d'état. Ce même camp a commencé à recevoir des prisonniers soupçonnés de terrorisme dès la fin de l'année 2001. Il a compté jusqu'à 750 détenus originaires d'une vingtaine de pays différents. Des "combattants illégaux" capturés par l'armée américaine sur ses terrains d'action. L'idée était de soustraire ces détenus au système judiciaire fédéral américain et ses garanties en termes de droits de la défense. 

Critiques de la légalité des détentions

Dès 2006, la Cour Suprême des Etats-Unis a déclaré illégales les procédures d'exception menées à Guantanamo. La controverse juridique autour du camp de détention a duré jusqu'en 2020. A la suite de la décision de la Cour Suprême, l'administration Bush a fait adopter par le congrès une règlementation qui autorisait l'armée à enfermer des individus sans contrôle judiciaire classique. Au nom de la lutte contre le terrorisme. Ce type de détention extra-judiciaire a entraîné des vagues de protestations et de critiques de l'opinion publique internationale. De nombreux cas de torture et de conditions de détention dégradantes ont été rapportés. 

Volonté de l'administration Obama de fermer Guantánamo

Dès 2008, le président Obama a manifesté son intention de fermer l'infrastructure. Une volonté retranscrite dans l'allocution de son vice-président de l'époque, Joe Biden, à la Conférence de Munich sur la sécurité de 2009. Il y a déclaré:

Nous respecterons les droits de ceux que nous traduisons en justice. Et nous fermerons le centre de détention de Guantanamo Bay.  (...) Les traités et les organisations internationales que nous construisons doivent être crédibles et ils doivent être efficaces.

Amnesty international rappelle que cette déclaration a presque 12 ans. Elle souligne qu'à l'heure d'entrer à la Maison Blanche, Joe Biden a l'occasion de se conformer à ses propos de l'époque. Il doit, dit Amnesty, la saisir. 

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