Ambassadeur arrêté, drapeaux brûlés… Après les Etats-Unis, les tensions s'accumulent entre l'Iran et le Royaume-Uni

Les tensions entre l'Iran et les Etats-Unis et ses alliés ne cessent de s'accumuler.
Les tensions entre l'Iran et les Etats-Unis et ses alliés ne cessent de s'accumuler. - © SAJJAD HUSSAIN - AFP

Voici plusieurs jours que les relations entre l’Iran et les Etat-Unis sont pour le moins tendues depuis l’assassinat ciblé, par les Américains, du général iranien Qassem Soleimani et la réplique iranienne ayant ciblé des bases militaires américaines. Et pour ajouter à un contexte déjà délétère, les autorités iraniennes, ont admis, après 3 jours de dénégation, avoir abattu un avion civil ukrainien, "par erreur".

Ce dimanche, c’est avec le Royaume-Uni, allié historique des Etats-Unis, que les tensions s’accumulent, alors que se déroule une veillée en mémoire des 176 personnes ayant perdu la vie dans le crash de l’avion. D’autant que cette veillée, s’est rapidement transformée en manifestation contre l’attitude du gouvernement iranien dans cette affaire de l’avion ukrainien.


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L’ambassadeur britannique arrêté

L’ambassadeur de Grande-Bretagne en Iran, Rob Macaire, a été brièvement interpellé par les autorités iraniennes, alors qu’il participait à la veillée pour les victimes du crash de l’avion ukrainien à Téhéran. "Il n’a pas été détenu, mais arrêté en tant qu’étranger non identifié dans un rassemblement illégal", a écrit, le porte-parole iranien, Abbas Araghchi sur Twitter, précisant que Rob Macaire avait été relâché au bout d’un quart d’heure, après qu’il eut été identifié.

De son côté, l’ambassadeur nie avoir pris part à une manifestation. "Je suis allé à un événement annoncé comme une veillée pour les victimes de la tragédie du vol #PS752" d’Ukraine International Airlines, abattu ce mercredi près de Téhéran par un missile iranien, ajoute-t-il. Il est "normal de vouloir rendre un hommage", écrit l’ambassadeur, d’autant que "certaines victimes étaient britanniques".

"J’ai quitté les lieux après cinq minutes quand certains ont commencé à lancer des slogans" contre les autorités, assure-t-il dans des messages en anglais et en persan. Dominic Raab, le ministre britannique des Affaires étrangères, a dénoncé une arrestation " sans fondement" comme étant "une violation grave de la législation internationale".

Drapeaux britanniques brûlés

Des manifestants iraniens ont brûlé ce dimanche après-midi un drapeau britannique devant l’ambassade du Royaume-Uni à Téhéran sur fond de tensions diplomatiques avec Londres après la brève arrestation la veille de l’ambassadeur britannique en Iran, ont constaté des journalistes de l’AFP.

"Mort à la Grande-Bretagne", "Mort aux Etats-Unis", "Mort à Israël" ont scandé un peu moins de 200 manifestants, dont certains ont brûlé un drapeau britannique avec un drapeau israélien.

Une désescalade est-elle possible ?

A ce stade, la gravité des tensions diplomatiques semble proche du point de non-retour. Néanmoins, ce dimanche après midi, l’Iran, à la suite d’une rencontre avec l’émir du Qatar, Tamim ben Hamad Al-Thani, a convenu que la désescalade était la "seule solution".

L’Iran et le Qatar sont convenus dimanche lors d’une rencontre à Téhéran que la "désescalade" était la seule sortie possible aux graves tensions dans la région, a déclaré l’émir du Qatar, cheikh Tamim ben Hamad Al-Thani.

"[…] Nous sommes convenus […] que la seule solution à (la) crise passe par la désescalade et le dialogue", a déclaré l’émir après avoir rencontré le président iranien Hassan Rohani.

De son côté, le président américain Donald Trump s’est dit toujours prêt à discuter avec l’Iran "sans condition préalable", selon son ministre américain de la Défense Mark Esper, dans un contexte très tendu entre les deux pays.

Les Etats-Unis sont prêts à évoquer avec la République islamique "une nouvelle voie, une série de mesures qui feraient de l’Iran un pays plus normal", a expliqué le chef du Pentagone sur la chaîne CBS, quelques heures après une mise en garde de Donald Trump contre "un autre massacre de manifestants pacifiques" par les autorités iraniennes.

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