Altitude Pérou: les poumons des Andes

Claudio, 4 ans, vit au bord d'un lac d'altitude au Pérou
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Claudio, 4 ans, vit au bord d'un lac d'altitude au Pérou - © Pascale Sury

Claudio a 4 ans, il est né ici au bord du lac Carhuacocha et, depuis son premier souffle, il a toujours vécu à 4150m au-dessus du niveau de la mer. Une altitude asphyxiante qui ne l’empêche pourtant pas de courir gaiement derrière ses petits chiens dès les premières lueurs de l’aube.

Gracy a 7 ans et, elle aussi, est une enfant des cimes. Née à plus de 3000 mètres d’altitude, elle grimpe avec nous jusqu’au glacier Churup (4450m) comme si elle gambadait dans son jardin, chaussée de ses petites sandales d’écolière.

Plus de 140 millions de personnes dans le monde vivent à une altitude supérieure à 2500 mètres, dont 35 millions dans les Andes, en Amérique du Sud. Ces peuples d’altitude sont taillés pour la montagne et ses conditions de vie particulières. De générations en générations, leur métabolisme s’est adapté à cet environnement et à la raréfaction d’oxygène. Particulièrement les habitants des Andes chez qui on constate par exemple une augmentation du volume pulmonaire, du nombre de globules rouges et du niveau d’oxygène dans l’hémoglobine par rapport à la normale.

En dignes représentants du plat pays, nous avons souffert à notre arrivée dans ces contrées. Les symptômes du mal des montagnes sont bien connus : perte d’appétit, troubles digestifs, vomissements, insomnies, maux de tête, hypertension artérielle,… Les premiers jours sont les plus difficiles avant l’acclimatation, mais dans les cas les plus graves, la mort peut être au bout du chemin suite à un oedème cérébral ou pulmonaire de haute altitude, une thrombose ou un coma. Une seule solution dans ces cas extrêmes : redescendre le plus vite possible.

Nous qui voulons questionner le sens de l’essentiel, nous commençons fort en nous privant de l’indispensable : l’oxygène, moteur de la respiration et de la vie. Une semaine entre 4000 et 5100 m, au régime d’un col à franchir chaque jour. A ce rythme-là, le corps carbure.

Vu les risques encourus, on ne badine pas avec la préparation et la clé est de progresser lentement, monter en douceur pour laisser au corps le temps de s’accoutumer. Le conseil est valable partout dans le monde : les Andes, les Alpes ou l’Himalaya. Et le corps humain a un formidable sens de l’adaptation : rapidement, il met en place des mécanismes physiologiques pour rétablir une oxygénation proche de la normale (ventilation, accélération du rythme cardiaque, augmentation du nombre de globules rouges). Ce n’est pas innocent de voir de nombreux sportifs de haut niveau s’offrir des stages en altitude avant de grandes compétitions.

Ici, en Amérique latine, un remède miracle : le thé aux feuilles de coca, réputé pour atténuer le mal d’altitude. Et puis, une philosophie de vie : se résigner à marcher lentement… trèèèèès lentement, un pas après l’autre.

Les Andes à la vitesse de l'escargot !

La vie en altitude a quelque chose de dur, mais de salutaire. Chaque effort doit être mesuré, le corps n’a pas d’énergie pour le superflu.  Une invitation à la lenteur et à la contemplation plutôt qu’à la course effrénée du quotidien !

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