Allemagne, Union européenne, Israël, Iran... les réactions affluent après les frappes contre la Syrie

L'Union européenne: "L'UE se tiendra aux côtés de ses alliés"

Le président du Conseil européen Donald Tusk a affirmé samedi que l'UE "se tiendra aux côtés de ses alliés du côté de la justice" après les frappes occidentales contre la Syrie. Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker souligne lui que la Syrie a "désespérément besoin" d'un cessez-le-feu durable "respecté par toutes les parties".

La Commission européenne rappelle également que l'usage d'armes chimiques est "inacceptable en toutes circonstances" et qu'il doit être condamné "avec la plus grande fermeté". "La communauté internationale a la responsabilité d'identifier et de réclamer des comptes aux responsables de toute attaque au moyen d'armes chimiques", poursuit son président Jean-Claude Juncker. 

Allemagne: "L'intervention était nécessaire et appropriée"

La chancelière allemande Angela Merkel a déclaré samedi que son gouvernement "soutenait" les frappes visant le régime syrien, une "intervention militaire nécessaire et appropriée" après l'attaque chimique présumée menée il y a une semaine à Douma.

"L'intervention militaire était nécessaire et appropriée afin de préserver l'effectivité de l'interdiction des armes chimiques et prévenir le régime syrien contre de nouvelles infractions."

"Tout porte à croire que le régime de Bachar al-Assad porte la responsabilité" de l'attaque chimique présumée du 7 avril dans la ville syrienne alors rebelle de Douma, a estimé Mme Merkel, qui avait annoncé jeudi que l'Allemagne ne prendrait pas part à des actions militaires.

Turquie: "Une réaction appropriée"

La Turquie a jugé samedi que les frappes occidentales visant le régime syrien constituaient une "réaction appropriée" à l'attaque chimique présumée menée il y a une semaine à Douma qui a fait des dizaines de morts. "Nous saluons cette opération qui exprime la conscience de l'humanité tout entière face à l'attaque de Douma que tout porte à attribuer au régime" syrien, a affirmé un communiqué du ministère turc des Affaires étrangères.

Canada: "Le soutien à l'opération"

Sans y participer, le Canada a apporté son soutien à l'opération. Le Premier ministre, Justin Trudeau,  a déclaré que le pays condamnait "fermement l'utilisation d'armes chimiques dans l'est de la Ghouta, en Syrie". Justin Trudeau a aussi soutenu "la décision des États-Unis, du Royaume-Uni et de la France de prendre des mesures pour diminuer la capacité du régime  de lancer des attaques par armes chimiques contre ses propres citoyens". 

Israël: "Informé à l'avance"

Israël a justifié samedi les en Syrie en affirmant que le régime de ce pays continue ses "actions meurtrières", a indiqué un responsable israélien.

"L'an dernier, le président américain Donald Trump a fait savoir que l'utilisation d'armes chimiques reviendrait à violer une ligne rouge. Cette nuit, sous la direction américaine, les Etats-Unis, la France et la Grande-Bretagne ont agi en conséquence. La Syrie continue ses actions meurtrières".

Selon la radio publique israélienne, l'Etat hébreu a été informé à l'avance des attaques de ce matin. Israël et la Syrie sont officiellement en état de guerre. Les relations sont d'autant plus tendues que trois ennemis d'Israël opèrent sur le théâtre syrien: le régime lui-même, l'Iran et le Hezbollah libanais.

L'Iran: "Trois pays criminels"

L'Iran, principal allié régional de Damas, condamne "fermement" les frappes contre la Syrie et lance une mise en garde contre leurs "conséquences régionales".

Le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, a violemment dénoncé les frappes occidentales menées contre la Syrie en qualifiant de "criminels" le président américain Donald Trump, son homologue français Emmanuel Macron et la Première ministre britannique Theresa May: "Ils n'obtiendront rien et ne tireront aucun bénéfice", a déclaré M. Khamenei en recevant les hauts dirigeants politiques et militaires du pays.

"Les Etats-Unis et leurs alliés, sans aucune preuve et avant même une prise de position de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) ont mené cette action militaire (...) contre la Syrie et sont responsables des conséquences régionales de cette action aventuriste", a renchéri le ministère iranien des Affaires étrangères.

"Cette agression vise à compenser l'échec des terroristes" dans la Ghouta orientale, qui vient d'être reprise par l'armée syrienne et ses alliés, ajoute le texte qui dénonce une "violation claire des règles et des lois internationales".

L'Iran envoie des "conseillers militaires" et des volontaires iraniens, afghans, pakistanais et irakiens en Syrie pour épauler l'armée syrienne contre les groupes djihadistes et rebelles.

Amnesty International: "Il faut minimiser les torts"

L'ONG Amnesty International a demandé samedi de "minimiser le tort" causé aux civils dans les frappes aériennes menées en Syrie.  "Le peuple syrien a déjà enduré six années d'un conflit dévastateur, et des attaques chimiques dont beaucoup sont des crimes de guerre", déplore l'ONG dans un communiqué. "Toutes les précautions doivent être prises pour minimiser le tort causé aux civils dans les actions militaires" menées en représailles à l'usage présumé d'armes chimiques par Damas contre sa population, a-t-elle exigé.

L'ONG demande également au président américain, Donald Trump, d'ouvrir ses frontières aux réfugiés syriens.

"L'administration Trump ne doit pas tourner le dos à ces hommes, femmes et enfants qui souffrent en maintenant l'interdiction faite aux réfugiés d'entrer aux États-Unis", soutient Raed Jarrar, le directeur du plaidoyer pour le Moyen-Orient. 

 

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