Allemagne : qui pour succéder à la chancelière Angela Merkel à la tête de son parti ?

Cette année 2021 sera marquée en Allemagne par la fin de "l’ère Merkel", comme les Allemands aiment appeler les quatre mandats successifs de la chancelière. Mais avant les élections fédérales du 26 septembre, qui amèneront à la nomination du futur ou de la future cheffe de l’exécutif allemand, c’est le parti de Merkel qui doit choisir son candidat.

Le choix de la continuité avec Angela Merkel ou du coup de barre à droite ? Le parti conservateur allemand CDU élit ce samedi un nouveau président, un scrutin clé à huit mois du départ de la chancelière.

Cette dernière a laissé vendredi soir entrevoir, en ouverture du congrès de son mouvement, sa préférence en prônant la poursuite d'un cap "centriste" et le rejet de la polarisation.

Cette élection est décisive pour l'avenir de l'Allemagne : le vainqueur sera en effet en bonne position pour mener le camp conservateur aux élections de septembre et succéder à Angela Merkel, au pouvoir depuis 2005.

Candidat est employé au masculin uniquement car trois hommes briguent le visage de l’Union Démocrate Chrétienne (CDU) lors de ces élections nationales : Armin Laschet, Friedrich Merz et Norbert Röttgen.

Après un conseil du parti, le chef de file sera ensuite désigné le 22 janvier. Toujours premier dans les sondages avec 36% d’opinions favorables (source : INSA en date du 12 janvier), l’attention est grande sur cette élection interne au parti pour savoir qui mènera les chrétiens-démocrates dans l’élection générale du dimanche 26 septembre.

Ils ont entre 55 et 65 ans et proviennent tous les trois du grand Land (région) de Rhénanie-du-Nord-Westphalie (le plus peuplé du pays, qui représente 23% de la population allemande). Voici un rapide tour d’horizon des trois candidats en lice de gauche à droite sur l’image.

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Armin Laschet – Norbert Röttgen – Friedrich Merz © Belga Images
  • Armin Laschet : actuel ministre-président du Land de Rhénanie-du-Nord-Westphalie depuis 2017. C’est le candidat qui se place le plus dans la lignée de la politique de Merkel, n’hésitant pas à défendre les décisions de la chancelière face à ses détracteurs.
  • Norbert Röttgen : ministre de l’Environnement et de la Sécurité nucléaire lors du gouvernement Merkel II de 2009 à 2012, un arrêt pendant son mandant suite à une défaite électorale régionale assez lourde pour le parti. Il incarne la frange libérale et moderne de l’Union, se plaçant en outsider du trio.
  • Friedrich Merz : ancien président du parti de 2000 à 2002, après un retrait de la vie politique en 2009 il y revient en 2018 comme candidat favori pour la présidence du CDU (élection qu’il perd au second tour). Merz représente la ligne plus à droite et conservatrice du parti et estime que le parti avait effectué un virage trop à gauche avec Merkel. Jugé comme favoris, il pourrait aller prendre des électeurs au parti d’extrême droite AfD.

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Un trio auquel s’ajoute le très apprécié ministre-président bavarois Markus Söder du CSU (le frère bavarois du CDU). Une figure bien connue de la politique allemande étant actuellement président de parti, ministre-président de sa Région et par le passé trois fois ministre au gouvernement fédéral. Une discussion entre les deux "frères" aura lieu plus tard dans la campagne afin de choisir si c’est un candidat du CDU ou du CSU qui fera office de visage unique dans la course à la Chancellerie.

Même si Merz fait office de favori dans le CDU, il pourrait bien à nouveau être battu dans un second tour suite à la popularité nationale et fédératrice de Markus Söder (CSU). Le ministre-président dont la cote de satisfaction a été accrue par sa gestion de la crise du coronavirus en Bavière.

Coronavirus: mesures strictes en Allemagne (JT du 13/12/2020)

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Markus Söder © Belga Images

Un renouvellement au fédéral mais aussi dans plusieurs régions

Même si les projecteurs sont tournés vers le premier parti en termes d’intention de votes et qu’il est celui de Angela Merkel, il ne faut pas oublier qu’une coalition avec d’autres partis politiques sera nécessaire pour établir une majorité au parlement fédéral.

Selon le dernier sondage INSA (en date du 12 janvier), on retrouve les écologistes de Die Grüne en seconde position avec 18%. Les socialistes du SPD n’arrivent qu’en troisième position avec 15%. Derrière le trio de tête arrivent dans l’ordre l’AfD (Alternative für Deutschland) avec 10%, Die Linke avec 8% et le FDP avec 7,5%.

Bien que les écologistes soient seconds et un partenaire potentiel, c’est l’historique "Groko" (la grande coalition composée du CDU/CSU + SPD) qui satisfait les Allemands depuis le début de cette crise du coronavirus.

Mais avant ce dimanche électoral d u 26 septembre, les élections régionales dans quatre Länder permettront aux partis de faire des tours de force auprès des citoyens. La Rhénanie-Palatinat (frontalière du Luxembourg) et Bade-Wurtemberg seront les premières à renouveler leurs parlements régionaux le 14 mars. Ensuite c’est dans deux régions importantes que sont la Saxe et la Thuringe où l’AfD talonnait le CDU aux dernières élections que les élections auront lieu respectivement le 6 juin et le 25 avril.


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Deux autres Länder éliront leur nouveau parlement régional le même jour que le parlement fédéral, il s’agit de Mecklembourg-Poméranie-Occidentale au nord est de l’Allemagne et de la capitale-région qu’est Berlin.

2021 est électoralement chargée pour l’Allemagne tant politiquement dans le nombre de parlements à renouveler, mais aussi par le retrait politique de Angela Merkel après 16 ans à la tête du pouvoir exécutif.

 

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