Allemagne : contre un regain du Coronavirus, des "brigades anti-Covid" et des "drive-in"

Leur rôle va être de plus en plus déterminant au fur et à mesure du déconfinement : des "brigades anti-Covid" ont été instaurées en Allemagne. Elles réalisent un travail d’enquête après chaque confirmation d’infection.

Ces enquêteurs tentent ainsi de prévenir toute nouvelle flambée d’épidémie.

Un hall devenu cellule d’enquête

Exemple à Mitte, arrondissement du centre de Berlin.

Dans la mairie de Mitte, le hall s’est mué en cellule d’enquête sanitaire, peuplée de bureaux, de téléphone, de détectives d’un nouveau genre, visière au visage et téléphone à l’oreille. C’est le virus qu’ils traquent.

Lukas Murajda, le directeur de l’office sanitaire d’arrondissement, présente les lieux à la RTBF : "Les enquêteurs sont répartis en deux groupes. A ma droite, les gens chargés de ligne d’appel, à disposition des citoyens qui se posent des questions. Et de l’autre côté, les cas identifiés. Ce sont ces préposés qui s’occupent du suivi des malades en quarantaine, de savoir comment ils vont." Les malades identifiés étant étroitement surveillés par ce service.

Lorsqu’un conseiller entre en contact avec un nouveau cas positif, il retrace le parcours du malade avant l’apparition des symptômes, ses cohabitants, ses proches, ses contacts récents, ses collègues de travail. Chacun est prévenu et incité à se faire tester.

Ce travail de bénédictin est mené à grande échelle : pour cet arrondissement de 385.000 habitants au centre de Berlin, 160 enquêteurs y travaillent jour et nuit, Week-End compris, payés autour de 2000 € nets.

Ephraim Gote, l’échevin de la santé, rend hommage à leur mission indispensable pour circonscrire l’épidémie : "C’est grâce à eux si la maladie peut être endiguée… Il faut être vigilant car, avec un seul malade non signalé, il y a toujours le risque qu’une situation devienne hors de contrôle".

En cas de soupçon : "le drive-in"

Lorsqu’un cas est décelé, des médecins peuvent se rendre à domicile avec des kits pour tester l’entourage de la personne diagnostiquée. Une autre option, c’est un passage dans un "drive-in" du quartier.

Il s’agit de tentes auxquelles les personnes peuvent accéder en voiture, vitre baissée, comme au drive-in d’un fast-food. Par la fenêtre, elles passent le frottis de test : rapide, contact minimal.

Lisa Huber dirige l’un de ces "drive-in" de quartier. “Ici, nous pouvons en moyenne tester 50 à 80 personnes par jour" dit-elle. "Des capacités que nous pourrions augmenter, si c’était nécessaire, en cas de deuxième vague”.

L’Allemagne mène aujourd’hui 800.000 tests par semaine. Le pays espère encore étendre ses capacités jusqu’à un million des tests par semaine, tests massifs jugés indispensables pour réussir ce déconfinement.

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