Alison Rose (ambassadrice du Royaume-Uni en Belgique): "Notre but est d'achever l'accord de retrait avant les élections"

L’ambassadrice du Royaume-Uni en Belgique est l’invitée du Grand Oral RTBF/Le Soir ce samedi 13 avril sur La Première et ce dimanche 14 avril sur La Trois. Nous parcourons avec elle l’actualité européenne, en particulier celle du Brexit.

Le lendemain du Brexit, voté le 24 juin 2016, la ministre d’État Antoinette Spaak, la fille de l’un des fondateurs du projet d’Union européenne, Paul-Henri Spaak, concédait au Grand Oral avoir versé une larme de tristesse en apprenant les résultats du vote. L’ambassadrice commente : « Il y a beaucoup de gens qui partagent ce sentiment chez moi. Mais 52% de nos citoyens ont demandé ce Brexit et c’est pourquoi ma Première ministre veut le mener à bien, tout en restant le plus proche possible de l’UE. Car 48% ont aussi voté pour rester ».

Alison Rose ne manquera d’ailleurs pas de souligner encore et encore l’ancrage profond de la Grande-Bretagne dans les valeurs européennes. « Nous ne voulons pas détruire l’Union, nous souhaitons rester très proches, mais à l’extérieur », explique-t-elle.

Pas de nouveau référendum

Quoi qu’il en soit, le Royaume-Uni est encore dans l’Union européenne, alors que le Brexit est voté depuis trois ans. A quoi cela est-il dû ? « Personne ne l’avait prévu en amont, on a peut-être manqué de préparation », concède la diplomate. « Cela dit, le Brexit reste le plus grand projet mené par le Royaume-Uni depuis la Deuxième Guerre mondiale. Mais l’accord existe entre les deux parties, il aura lieu ». Ferme-t-elle la porte à un nouveau référendum ? « Il ne faut jamais dire jamais, mais notre parlement a voté contre cette option, et je ne vois pas de changement dans les sondages indiquant une inversion des opinions ».

Des élections indispensables

Le Royaume-Uni a obtenu un délai supplémentaire de la part de l’Union européenne afin de valider l’accord de sortie en interne. Cela rend l’organisation d’élections européennes en Grande-Bretagne très probable. Des élections qui éliront des eurodéputés éphémères, puisqu’ils devront de facto se retirer une fois l’accord validé. Comme qualifier cette situation ? « C’est indispensable pour la stabilité des institutions européennes. Notre but est d’achever l’accord de retrait avant les élections. Il est fort possible que nous soyons toujours membre de l’Union en juin, voire en août. Nous préparons déjà ces élections. Si elles sont évitables, nous ne les mènerons pas, mais rien n’est sûr ».

Elle a dit

Concernant les actions pour le climat menées dans notre pays : « Nous nous sentons peu concernés par cela. Nous sommes leaders dans le milieu climatique, notre loi climat date de 2008. Notre objectif est d’ailleurs d’organiser la COP 26 fin 2020 »

De quelle marge de manœuvre dispose un ambassadeur devant un ordre qui est contraire à ses valeurs ou opinions ? « Lorsque cela arrive, on peut discuter, mais en tant que représentante de mon gouvernement, je dois me résigner à exécuter ce que l’on me demande »

Comprend-elle en détail le fonctionnement de la Belgique, État fédéral ? « Ce n’est pas facile, en effet (rires). Le nord et le sud partagent l’engagement dans l’éducation et la recherche, même si la langue est un obstacle »

À propos du Brexit : « Ma seule opinion est qu’il faut le conclure en gardant les meilleures relations possibles avec l’UE. Il ne manque plus que l’accord de notre parlement, qui est la priorité de notre Première ministre »

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