Algérie: six mois de prison pour l'ex-patron des patrons Ali Haddad

Algérie: six mois de prison pour l'ex-patron des patrons Ali Haddad
Algérie: six mois de prison pour l'ex-patron des patrons Ali Haddad - © RYAD KRAMDI - AFP

L'ancien patron des patrons algériens, Ali Haddad, riche homme d'affaires lié au président déchu Abdelaziz Bouteflika, a été condamné lundi à six mois de prison ferme pour la détention de deux passeports, ce qui est illégal en Algérie. La justice a lancé des poursuites contre une série de responsables proches de l'ancien président Abdelaziz Bouteflika.

L'affaire peut sembler mineure. Mais elle symbolise le système de passe-droit et de corruption dénoncé par les manifestants qui descendent dans les rues depuis des mois. Ces incarcérations n'ont pas vraiment calmé les manifestants.

Les manifestants toujours pas calmés

Les rues d'Alger et d'autres villes étaient à nouveau noires de monde vendredi dernier. Ils réclament le départ de tous les anciens fidèles qui ont servi le président durant ces 20 années au pouvoir.

Patron du n°1 privé du BTP en Algérie et bénéficiaire de gigantesques contrats publics, M. Haddad a été arrêté fin mars à la frontière avec la Tunisie en possession de deux passeports et de devises non déclarées, quelques jours avant la démission, après 20 ans au pouvoir, de M. Bouteflika confronté à un mouvement de contestation inédit.  

Le premier d'une (longue) série?

C'est la première personnalité de l'entourage de l'ex-président condamnée depuis le départ de M. Bouteflika, à la suite de laquelle la justice a ouvert une série d'enquêtes pour des faits de corruption et placé en détention préventive plusieurs influents hommes d'affaires et ex-responsables politiques. Ali Haddad est également visé par ces enquêtes, selon son avocat.   

Le tribunal n'a pas suivi le Parquet, qui avait requis 18 mois de prison pour "faux et usage de faux" contre M. Haddad.  Son co-accusé, Hassan Boualem, directeur des titres et documents sécurisés au ministère de l'Intérieur quand il a délivré en 2016 son deuxième passeport à M. Haddad, a été condamné à deux mois de prison avec sursis et 20.000 dinars d'amende.  

Ali Haddad avait affirmé à l'audience avoir obtenu son deuxième passeport légalement, après avoir sollicité l'intervention d'Abdelmalek Sellal, alors Premier ministre. Ce dernier est depuis placé en détention préventive dans une enquête concernant la "dilapidation de deniers publics, des abus de fonctions et des octrois de privilèges injustifiés" dans le cadre de passations de marchés publics. 

Ali Haddad dirigeait un groupe de construction qui a bénéficié de juteux contrats de l'Etat algérien. 

Newsletter RTBF Info - Afrique

Chaque semaine, recevez l’essentiel de l'actualité sur le thème de l'Afrique. Toutes les infos du continent africain bientôt dans votre boîte de réception.

OK