Algérie : Face "aux intimidations", les journalistes couvriront collectivement la manifestation hebdomadaire

Depuis le mois de février les algériens manifestent tous les vendredis contre le régime en place.
Depuis le mois de février les algériens manifestent tous les vendredis contre le régime en place. - © RYAD KRAMDI - AFP

Des journalistes algériens couvriront ce vendredi "collectivement" la manifestation hebdomadaire contre le régime à Alger, un acte symbolique visant à dénoncer les "intimidations" et "menaces" des autorités à leur encontre, a annoncé à l’AFP l’un des porte-parole d’un collectif de professionnels des médias.

"Harcèlement systématique des médias"

Plus de 300 journalistes de la presse écrite, audiovisuelle et électronique privée, mais aussi de l’audiovisuel public, ont signé un texte dans lequel ils "tirent la sonnette d’alarme" et dénoncent le "harcèlement systématique des médias" en Algérie, théâtre depuis le 22 février d’un mouvement de contestation inédit du régime.

Ce vendredi à Alger, les journalistes se regrouperont juste avant le départ du cortège pour couvrir ensemble la marche hebdomadaire contre le pouvoir, a expliqué à l’AFP le journaliste Khaled Drareni, un porte-parole du collectif.

"Nous aurons tous un brassard blanc, pour montrer notre qualité de journalistes libres et indépendants et nous allons couvrir cette manifestation malgré les injonctions du pouvoir", a poursuivi le journaliste.

Dans un texte publié ce lundi sur une page Facebook intitulée "Pour sauver la presse algérienne", ce collectif dénonce les "pressions et contraintes […] qui empêchent les journalistes d’accomplir leur devoir professionnel et d’assurer le service public" de l’information.


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"Nous exigeons du pouvoir qu’il cesse d’imposer la censure aux médias publics et privés, et de porter atteinte aux libertés médiatiques afin de garantir le droit du citoyen à une information objective et neutre", indiquent les plus de 300 signataires – dont une cinquantaine de la radio et télévision nationales, dont le ton est très contrôlé.

L’Algérie se situe à la 141e place du classement mondial pour la liberté de la presse. "Depuis le début du mouvement de contestation en février 2019, les journalistes algériens ne cessent de réclamer leur droit à couvrir librement l’actualité politique de leur pays", explique sur son site Reporters Sans Frontières.

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