Présidentielle en Algérie: Abdelaziz Bouteflika retire sa candidature et reporte les élections

Le président algérien Abdelaziz Bouteflika a annoncé ce 3 mars qu’il renonçait à être candidat à sa propre succession. Il s’agit d’une réponse à la contestation qui traverse l’Algérie depuis plusieurs semaines. Il a également affirmé que le scrutin, prévu le 18 avril, serait reporté, sans donner plus de précisions.

Dans la foulée, le Premier ministre algérien Ahmed Ouyahia a présenté sa démission, que le président a accepté en le remerciant pour les efforts déployés durant l'exercice de ses fonctions. Lors de cette audience, le chef d'Etat a prcocédé  à la nomination de son remplaçant, Noureddine et à la nomination de Ramtane Lamamra au poste de vice-Premier et ministre des Affaires étrangères. Le nouveau Premier est chargé de former un nouveau gouvernement.

Il n'a jamais été question d'un cinquième mandat

Dans un message à la nation publié par l’agence officielle APS, il précise que la présidentielle aura lieu « dans le prolongement » d’une conférence nationale chargée de réformer le système politique et d’élaborer un projet de remaniement de Constitution d’ici fin 2019.

Dans cette missive, Abdelaziz Bouteflika s’adresse au peuple d’Algérie. Il évoque aussi les raisons de ce revers "de dernière minute". "Je comprends tout particulièrement le message porté par les jeunes en termes, à la fois, d’angoisse et d’ambition pour leur avenir propre et pour celui du pays, écrit-il en réaction aux manifestations qui secouent le pays. L’homme affirme aussi qu’il "n’a jamais été question pour lui d’un cinquième mandat", en raison de son état de santé. "Je m’engage enfin, si Dieu m’accorde vie et assistance, à remettre les charges et les prérogatives de Président de la République au successeur que le peuple algérien aura librement élu", indique-t-il aussi avant de conclure sur sa volonté d’un "sursaut collectif pacifique pour permettre à l’Algérie de réaliser tout son potentiel dans une démocratie épanouie".

Ex-candidat contesté

Cette candidature, désormais retirée, était contestée par des milliers d’Algériens qui estiment que leur chef d’État n’est plus en état de diriger le pays. L’annonce de sa candidature à un 5e mandat présidentiel le 10 février, a déclenché une vague de contestation contre son pouvoir, inédite depuis son élection à la tête de l’État en 1999. Il avait pourtant décidé de se présenter officiellement le 3 mars, enflammant la rue et intensifiant les mouvements de contestation.


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Pour rappel, Abdelaziz Bouteflika a été victime par un AVC en 2013. La maladie a fait chuter son état de santé et mis le président dans une situation délicate. Beaucoup imaginaient que suite à cette déconvenue qui avait mis la santé de l’homme à terre, il ne se présenterait pas à un quatrième mandat mais il avait fait mentir ses détracteurs avant d’être réélu.

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