Algérie: Abdelaziz Bouteflika formellement candidat à la présidentielle

Le président algérien Abdelaziz Bouteflika, 82 ans, est candidat à sa réélection lors de la présidentielle du 18 avril, rapporte la chaîne Ennahar TV. Son dossier pour le scrutin aurait été déposé aujourd'hui, dernier jour légal de dépôt des candidatures, au Conseil constitutionnel. Les autorités n'ont pas confirmé que Bouteflika était candidat mais l'agence de presse officielle APS a publié sa déclaration d'avoirs, qui est formellement requise dans un dossier de candidature.

L'équipe de campagne d’Abdelaziz Bouteflika, qui ne s'est plus adressé aux Algériens depuis un AVC en 2013 et ne fait plus que de rares apparitions publiques, avait annoncé que son dossier serait déposé ce dimanche sans préciser si l'intéressé serait présent. Sur son site internet, le Conseil constitutionnel indique que le dossier "doit être déposé par le candidat" sur rendez-vous. Aucune disposition légale ne semble cependant obliger un candidat à se présenter en personne au Conseil constitutionnel pour y remettre son dossier.

Le président algérien Abdelaziz Bouteflika s'est néanmoins engagé, en cas de réélection le 18 avril, à ne pas aller au bout de son mandat et à se retirer à l'issue d'une présidentielle anticipée, dont la date serait fixée à l'issue d'une "conférence nationale". "Je m'engage à l'organisation d'une élection présidentielle anticipée" dont la date sera arrêtée par une "conférence nationale" mise en place après le scrutin du 18 avril et "je m'engage à ne pas être candidat à cette élection", a indiqué le président sortant dans une lettre transmise et lue dimanche soir à la télévision nationale, confirmant ainsi sa candidature à la prochaine présidentielle.

Cette candidature d'Abdelaziz Bouteflika est contestée par des milliers d’Algériens qui estiment que le chef de l’Etat n’est plus en état de diriger le pays. L'annonce de sa candidature à un 5e mandat présidentiel le 10 février, a déclenché une vague de contestation contre son pouvoir, inédite depuis son élection à la tête de l'Etat en 1999.

La police algérienne a utilisé aujourd’hui un canon à eau pour disperser des étudiants marchant vers le Conseil constitutionnel. Les étudiants sont sortis par centaines à Alger et dans d'autres villes du pays. Le métro d'Alger a été fermé en début d'après-midi de même que l'autoroute reliant l'aéroport au centre de la capitale, pour empêcher des étudiants de rejoindre le centre-ville, d'après des médias algériens. 

Newsletter RTBF Info - Afrique

Chaque semaine, recevez l’essentiel de l'actualité sur le thème de l'Afrique. Toutes les infos du continent africain bientôt dans votre boîte de réception.

OK