Al-Qaïda revendique le rapt des cinq Français

"Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) a revendiqué l'enlèvement de cinq français au Niger il y a quelques jours", a indiqué la chaîne de télévision Al-Jazira, sur son site internet.

Les autorités françaises vérifiaient mardi soir cette information.

Al-Jazira n'a pas précisé sous quelle forme cette revendication avait été faite. Elle n'a pas non plus évoqué deux autres otages, togolais et malgache, enlevés en même temps que les Français.

Ces sept personnes, pour la plupart des employés des groupes français Areva et Vinci, avaient été capturés le 16 septembre, sur le site d'extraction d'uranium d'Arlit (nord du Niger). Ils seraient désormais retenus dans le nord-est du Mali, dans une zone montagneuse du désert, adossée à l'Algérie, selon différentes sources dans la région.

A Paris, le ministre de la Défense, Hervé Morin, a souhaité que les otages français "puissent revenir le plus rapidement possible. Cela impose que nous mettions tout en oeuvre pour cela et c'est ce que nous faisons", a-t-il dit.

A partir de Niamey, quelque 80 militaires français se relaient pour mener des vols de reconnaissance, "pour tenter de localiser les preneurs dotages".

Le porte-parole du gouvernement nigérien Laouali Dan Dah, a affirmé mardi que les ravisseurs étaient "affiliés" au groupe d'Abdelhamid Abou Zeid, l'islamiste algérien qui dirige au Mali le groupe d'Aqmi considéré comme responsable de l'assassinat en 2009 d'un otage britannique et de la mort en juillet d'un otage français.

La controverse sur les dispositifs de sécurité mis en oeuvre par les groupes français dans les pays du Sahel s'est poursuivie mardi. Areva confirmé avoir reçu des autorités nigériennes une lettre datée du 1er septembre qui faisait état de menaces d'enlèvement dans la région d'Arlit.

Par ailleurs, l'agence en ligne mauritanienne Nouakchott informations (privée) a publié lundi soir un communiqué d'Aqmi qui n'évoque pas les enlèvements mais menace la Mauritanie de représailles après une opération de son armée dans le nord au Mali, de vendredi à dimanche.

Ce message n'a pu être authentifié par l'AFP.

Le président mauritanien "agent de la France"

Aqmi y accuse l'armée mauritanienne d'avoir tué deux femmes et blessé un homme, des civils selon elle, et d'avoir menti en affirmant que l'une des femmes tuées était l'épouse d'un terroriste.

Le texte présente le président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz comme "l'agent de la France", en affirmant que "la guerre" qu'il mène "à la place de la France est une folie" et que "le sang des deux femmes martyrs (...) ne restera pas impuni".

Des combats meurtriers avaient opposé, vendredi et samedi dans la région de Tombouctou (nord-ouest du Mali), l'armée mauritanienne à des unités d'Aqmi. Puis un avion mauritanien avait bombardé, dimanche, des véhicules qui, selon l'armée, transportaient des "terroristes".

Au Mali, des témoins et des élus ont affirmé que des civils avaient été tués (deux femmes) et blessés dans ce raid.

Mardi, l'opposition mauritanienne a jugé "illégitime" cette "guerre" menée par la Mauritanie "sur la terre d'un autre pays". Elle a suggéré qu'elle avait été menée en coordination avec une "force étrangère", en allusion à la France.

Le contexte actuel dans les pays du Sahel donne une toute autre dimension aux fêtes du cinquantenaire de l'indépendance du Mali - ex-colonie française - prévues mercredi à Bamako.

Elles doivent rassembler plusieurs chefs d'Etat de la région, dont le président mauritanien. La France, qui s'est alarmée des menaces d'attentats sur son sol, y sera représentée par son ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux.


AFP

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK