Airbnb: Berlin impose des règles pour combattre les dérives commerciales

Sur les 13 millions de nuitées annuelles à Berlin, 700.000 sont réservées sur la plateforme de Airbnb, soit environ 5%.
Sur les 13 millions de nuitées annuelles à Berlin, 700.000 sont réservées sur la plateforme de Airbnb, soit environ 5%. - © LIONEL BONAVENTURE - AFP

En Allemagne, Airbnb est devenu un acteur de poids sur le marché des logements pour vacanciers. L’an dernier, la plateforme a comptabilisé plus de trois millions de nuitées dans le pays, pour un chiffre d’affaires de près d’un milliard d’euros. Près d’un quart de ses nuitées concernaient la capitale Berlin, une des destinations touristiques européennes les plus prisées. Mais la ville comme d’autres s’active contre des abus. Si les Berlinois doivent pouvoir, moyennant un enregistrement, accueillir des touristes dans leur propre appartement, les dérives commerciales sont combattues.

"Zweckentfremdungsverbot-Gesetz", même pour un Allemand, le mot ressemble à un monstre. C’est le petit nom de la loi de la ville de Berlin pour lutter contre les excès commerciaux. Il est plus rentable pour un propriétaire de louer son appartement à des touristes qu’à des locataires traditionnels. Mais Berlin connaît une crise du logement et veut lutter contre ce phénomène. 

"Depuis que nous avons pris des mesures en 2014, 8000 appartements sont revenus sur le marché locatif et ne sont plus utilisés pour les vacanciers ou pour des activités commerciales", explique Petra Rohland, la porte-parole de l’administration chargée du développement urbain.

Autorisation nécessaire

Une personne louant un appartement à des touristes doit demander une autorisation auprès de son arrondissement qui n’est pas forcément donnée. Si vous louez une partie de votre logement, une inscription est nécessaire et moins problématique. Dans tous les cas, le numéro obtenu auprès des autorités doit figurer dans la petite annonce sur le net. Les contraventions sont sévères et peuvent aller jusqu’à 250.000 Euros. D’après Petra Rohland, trois millions d’euros d’amendes ont été encaissés par la ville.

Le responsable de l’office du tourisme Visit Berlin Burkhard Kieker se félicite de ces mesures : "Nous travaillons ensemble avec Airbnb. Ils se sont aperçu que des excès remettent en cause leur concept. Si les appartements pour touristes se développent au point que les habitants ne trouvent plus de logements, cela ne peut pas être le but du tourisme et il faut prendre des mesures contre un tel développement".

Airbnb, visé en premier lieu, est menacé et a abondamment informé ses clients sur la nécessité de s’enregistrer auprès des autorités. Mais très peu de loueurs ont effectué cette démarche. "Nous sommes favorables à la volonté de la ville de protéger le marché locatif mais aussi de permettre aux Berlinois de louer leur propre appartement de façon temporaire, explique le porte-parole d’Airbnb Allemagne Julian Trautwein. Mais les procédures d’enregistrement ne sont pas claires et disparates. Beaucoup de loueurs nous disent qu’ils sont inquiets et ont l’impression qu’on leur met des bâtons dans les roues".

C’est un marché de l’hôtellerie parallèle et il doit aussi être contrôlé

Sur les 13 millions de nuitées annuelles à Berlin, 700.000 sont réservées sur la plateforme de Airbnb, soit environ 5%. La grande majorité des touristes restent fidèles aux hôtels. Le responsable de la fédération des hôteliers berlinois, Thomas Lengfelder, voit d’un mauvais œil les dérives commerciales d’Airbnb qui crée une concurrence et se félicite des mesures prises par la ville : "Ces nouvelles règles sont très bonnes. Finalement, c’est un marché de l’hôtellerie parallèle et il doit aussi être contrôlé. Si les mêmes règles qui valent pour nous sont respectées par tous, nous n’avons aucun problème avec Airbnb".

Une concurrence relative car des hôtels bon marché ne sont pas forcément plus chers que les offres d’Airbnb.

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