Air irrespirable, pluie de cendres sur la ville : des Belges à Sydney racontent les incendies en Australie

Air irrespirable, pluie de cendres sur la ville : des Belges à Sydney racontent les incendies en Australie
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Air irrespirable, pluie de cendres sur la ville : des Belges à Sydney racontent les incendies en Australie - © PETER PARKS - AFP

Ciel orangé et chargé de poussière, odeur persistante de feu de bois, fumées toxiques… voilà le spectacle qui s’offre aux habitants de Sydney ces derniers jours. La ville australienne est recouverte d’un brouillard causé par des feux de forêts incontrôlables. Et la météo, qualifiée d'"extrême" en ce début d’été en Australie, n’arrange rien.

A Sydney, des mesures de qualité de l’air douze fois supérieures au seuil de dangerosité ont été enregistrées. Résultat : "C’est comme si on était la ville la plus polluée du monde", remarque Dorian Millich, un Belge installé à Sydney depuis plusieurs années. "J’ai été un gros fumeur par le passé, j’ai arrêté il y a quelques années. Et maintenant j’ai l’impression de refumer un paquet par jour", ajoute-t-il.

Dorian décrit le quotidien des Sydnéens depuis plusieurs jours : "On ne respire pas très bien, on a des maux de tête. C’est comme s’il neigeait, mais ce sont des cendres qui tombent. La fumée est tellement épaisse que ça déclenche les alarmes incendie."

Et ceux qui portent des masques pour se protéger ne sont même pas assurés de leur efficacité. Des articles tels que "comment combattre l’airpocalypse ?" ou "dois-je porter un masque pour me protéger des fumées des incendies", se multiplient ces dernières heures dans les médias australiens. Même si ces derniers sont pour le moment focalisés sur l’éruption volcanique qui a fait plusieurs morts à White Island, au nord de la Nouvelle-Zélande.

Ça gratte la gorge, ça fait mal au nez

Les groupes à risques parmi lesquels les enfants, les personnes âgées, les asthmatiques ou ceux qui souffrent de problèmes cardiaques, sont invités à rester confinés chez eux. C’est cette ambiance étrange que décrit Hélène Goethals. Cette Bruxelloise a fondé Choc' & moi, une boutique qui vend des chocolats belges à Brookvale, au nord de Sydney. "Les crèches et les écoles doivent suivre les indications du gouvernement sur les sites officiels. Les enfants sont confinés pendant les récréations. Il n’y a aucun enfant dehors, ça change."

Pour Hélène, c’est business as usual. Mais l’air est difficilement respirable. "Ça gratte la gorge, ça fait mal au nez. Quand on nettoie quelque chose à l’extérieur, la loque est noire de suie. Et ça fait longtemps qu’on n’a plus vu le ciel bleu."

Dans cette région du pays, la température oscille en ce moment entre 20 et 30 degrés. Avec parfois des extrêmes inattendus. Dorian décrit ce moment où il a vu la température passer de 29 à 22° en moins d’une heure. "C’est un pays d’extrêmes", ajoute-t-il. A Sydney, l’air conditionné est omniprésent dans les habitations et les commerces. Mais il laisse quand même passer les particules fines… et les odeurs. "Partout, il y a comme une odeur de feu de camp", ajoute Hélène, qui précise qu'"on n’est pas en danger. On n’aura jamais les feux jusqu’ici."

Deux millions d'hectares partis en fumée

Le Premier ministre Scott Morisson, régulièrement épinglé pour son manque d’entrain à prendre à bras le corps la lutte contre le changement climatique, s’exprime peu sur le drame qui a déjà consumé près de deux millions d’hectares (soit près de deux tiers de la Belgique) et tente d’être maîtrise par 2000 pompiers, principalement volontaires.

Ce mardi, l’élu conservateur a refusé de les assister davantage et balayé la possibilité de professionnaliser ce métier, estimant que les opérations en cours étaient menées à bien.

Des pompiers australiens tentent de maîtriser des incendies dans la région de Mangrove Mountain, au nord de Sydney

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