Afrique: ces vieux présidents qui s'accrochent toujours au pouvoir (carte)

Les présidents de Guinée-Equatoriale, du Cameroun, du Tchad et du Congo-Brazzaville, en 2011.
Les présidents de Guinée-Equatoriale, du Cameroun, du Tchad et du Congo-Brazzaville, en 2011. - © STR - AFP

Et si l’élection d’Emmerson Mnangagwa au Zimbabwe le mois dernier avait sonné le début de la fin pour les présidents au long cours en Afrique ? L’éviction de Robert Mugabe (93 ans), qui a quitté le pouvoir après près de trente ans a été un message fort, sans être encore un déclic. Emmerson Mnangagwa, dont la victoire est par ailleurs contestée par l’opposition au Zimbabwe, est pour l’instant le seul à avoir réussi à faire chuter de son fauteuil un des vieux leaders du continent. Ils sont encore nombreux à être solidement accrochés à leur rocher national, à commencer par l’un des recordmen de la discipline, le président camerounais Paul Biya.

Au pouvoir depuis trente-cinq ans, le vétéran de Yaoundé (85 ans) attend patiemment le prochain scrutin, qui aura lieu le 7 octobre. Il est d’autant plus confiant dans sa sixième réélection que l’opposition camerounaise a du mal à s’unifier face à lui.

Les différents candidats regrettent un manque de consensus et dénoncent surtout la division orchestrée par le parti au pouvoir, le RDPC, qui n’hésite pas à corrompre les opposants. Sauf surprise, Paul Biya rempilera donc en octobre pour sept ans supplémentaires.

En Guinée-Equatoriale, le président Teodoro Obiang Nguema fait encore plus fort : il est au pouvoir depuis près de quarante ans, même si sa première élection date seulement de 1989. Réélu avec un score soviétique (93,7% des voix) il y a deux ans, le dictateur de 76 ans gouverne d’une main de fer la Guinée-Equatoriale. De l’autre côté du continent, le président djiboutien Ismaïl Omar Guelleh a également rempilé en 2016, pour un quatrième mandat consécutif depuis 1999.

En RDC, la fin du règne Kabila?

La Constitution de beaucoup de pays africains interdit normalement aux présidents de se présenter pour un troisième mandat consécutif. Mais pour pouvoir rester au pouvoir, plusieurs d’entre eux ont fait voter une révision constitutionnelle. C’est le cas, notamment, de Denis Sassou-Nguesso au Congo-Brazzaville, au pouvoir depuis plus de vingt ans. Sa réélection en 2016 s’est déroulée dans une atmosphère délétère, avec une coupure pendant quatre jours des lignes téléphoniques.

De la même façon, Paul Kagame au Rwanda ou encore Idriss Déby Itno au Tchad se sont arrangé avec leur Constitution. Au Soudan, le président Omar el-Béchir a d’ores et déjà annoncé sa candidature à la présidentielle de 2020, sans avoir encore amendé la Constitution.

En République démocratique du Congo, en revanche, la technique n’a pas fonctionné pour le président Joseph Kabila. En poste depuis 2001, le fils de Laurent-Désiré Kabila pourrait bien être le dernier de la dynastie. Malgré les reports constants du scrutin, Joseph Kabila n’a pas eu la possibilité de passer en force et a déclaré début août qu’il ne serait pas candidat. Mais son parti, représenté par l’ancien ministre Emmanuel Ramazani Shadary, a de bonnes chances de garder la mainmise sur le pays.

En face, les opposants ne manquent pourtant pas : Félix Tshisekedi, fils de l’ancien Premier ministre zaïrois Etienne Tshisekedi, Jean-Pierre Bemba, acquitté par la CPI, ou encore Vital Kamerhe. De son côté, Moïse Katumbi n’a toujours pas réussi à rentrer d’exil, mais il ne désespère pas de pouvoir participer au scrutin.

En Algérie, Abdelaziz Bouteflika, âgé et diminué, n’est plus qu’une ombre présidentielle. Ses apparitions sont de plus en plus rares, mais il devrait fêter ses vingt ans de règne l’an prochain, à 82 ans. Rien ne l’empêchera a priori de se représenter, tout comme le dictateur ougandais Yoweri Museveni (74 ans), qui a récemment supprimé la limite d’âge pour les candidats. Toutefois, son cinquième mandat ne se passe pas tout à fait comme prévu. Depuis une semaine, la gronde monte contre le président, après qu’il a fait emprisonner son principal opposant, le député Bobi Wine. Ce dernier, un ancien chanteur bling-bling très populaire, est accusé de terrorisme et aurait été victime de torture en prison. Face à la contestation, le président Museveni a fait boucler la capitale et la garde a tiré à balles réelles pour disperser les manifestants.

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