Afghanistan: entre 300 et 500 morts dans glissement de terrain

Des bergers dans la vallée de Payan Shahr dans la province de Badakhshan
Des bergers dans la vallée de Payan Shahr dans la province de Badakhshan - © Roberto Schmidt

Le gouverneur du Badakhshan, province du nord-est afghan frappée par des glissements de terrain meurtriers, a confirmé samedi la mort de 300 personnes, ajoutant que les opérations de recherche des survivants avaient pris fin.

"Les premières informations que nous avons recueillies à partir des témoignages des habitants montrent que 2500 personnes, dont des femmes et des enfants, pourraient avoir péri", avait précédemment déclaré Shah Waliullah Adeeb, le gouverneur du Badakhshan.

"Nous avons une liste de 300 morts confirmés", a déclaré ce samedi le gouverneur, tandis que le vice-gouverneur, Mohammad Baidaara, a précisé que le total des victimes pourrait au final aller jusqu'à 500 morts.

La catastrophe est survenue à la mi-journée dans le district d'Argo de la province du Badakhshan, une région pauvre et montagneuse frontalière du Tadjikistan, de la Chine et du Pakistan.

A la suite des pluies torrentielles qui ont balayé la province ces derniers jours, un glissement de terrain a recouvert des zones habitées, touchant principalement le village d'Aab Bareek où vivent plusieurs centaines de famille, selon les autorités afghanes.

"Le nombre de morts a atteint 350", a annoncé la mission de l'ONU en Afghanistan (Unama) dans un courrier électronique à l'AFP, précisant que les services de l'ONU travaillaient avec les autorités locales pour secourir des victimes "encore piégées" dans les décombres.

De fait, le bilan humain pourrait encore être plus lourd, alors que "300 familles", soit potentiellement "2.000 personnes", étaient toujours portées disparues plusieurs heures après le glissement de terrain, a indiqué Sayed Abdullah Homayun Dehqan, le directeur de la branche locale de l'Agence afghane de gestion des situations de crise (ANDMA).

"Le réseau de communication étant très pauvre dans cette partie de la province", il était en outre difficile de faire remonter des informations précises sur l'étendue de la catastrophe, a souligné Mohammad Baidaar, le vice-gouverneur de la province.

Sur place, les équipes de secours s'activaient pour tenter de retrouver des survivants piégées sous les décombres, et la Force internationale de l'Otan en Afghanistan (Isaf) travaillait conjointement avec l'armée afghane sur la question des recherches, selon l'Unama.

"Ils ont tout perdu"

"Les gens sont en train d'essayer d'enlever des rochers (...) et nous avons envoyé des équipements d'urgence, comme des tentes et des couvertures", a expliqué M. Dehqan, assurant que "700 familles" avaient pu être sauvées. La catastrophe a laissé des milliers de personnes complètement démunies, alors que "de 350 à 400 maisons" ont été détruites, a indiqué le gouvernement provincial. "Les gens ont besoin de nourriture, de refuges, d'aide médicale. Ils ont tout perdu", a dit à l'AFP une source au sein des services d'urgence.

A Washington, le président américain Barack Obama a indiqué que les États-Unis étaient prêts à aider les autorités afghanes. "Nos pensées vont aux habitants en Afghanistan qui sont confrontés à une terrible tragédie", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse commune avec la chancelière allemande Angela Merkel. "Beaucoup de personnes sont portées disparues. Nous nous tenons prêts à aider nos partenaires afghans pour faire face à cette catastrophe", a encore souligné M. Obama.

Ce drame survient une semaine après des crues subites qui ont fait plus d'une centaine de morts dans le nord de ce pays déchiré par trois décennies de guerre et qui figure parmi les plus pauvres du monde.

AFP

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