Afghanistan: le siège de la télévision publique attaqué à Jalalabad, 6 morts

Des policiers sur les lieux d'une attaque à Jalalabad, le 30 août 2014 en Afghanistan
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Des policiers sur les lieux d'une attaque à Jalalabad, le 30 août 2014 en Afghanistan - © Noorullah Shirzada

Une attaque attribuée par les autorités au groupe Etat islamique contre la Radio-Télévision afghane (RTA) a fait six morts mercredi en plein centre de Jalalabad, capitale de la province instable du Nangarhar qui abrite de nombreux insurgés.

Dans un bref communiqué publié en arabe par son agence de propagande Amaq et sur la messagerie Telegram, l'EI a évoqué un "raid suicide d'un groupe de combattants" sans aucune autre précision sur l'opération.

Mais pour le gouverneur provincial Gulab Mangar, aucun doute: "Daech (acronyme arabe de l'EI) est responsable de cette attaque" a-t-il déclaré devant la presse. "C'est parce que nous leur avons cassé les reins lors de nos récentes opérations au Nangarhar, ils veulent montrer par cette attaque qu'ils sont toujours bien là", a-t-il estimé.

L'assaut, qui a duré plus de quatre heures avant que le dernier des quatre assaillants soit tué, a également fait 17 blessés. Quatre civils figurent parmi les morts et deux membres de la sécurité ont été tués, selon le gouverneur de cette province de l'est du pays.

"Il y avait quatre attaquants, l'un s'est fait exploser à l'entrée de la RTA tuant un garde. Les trois autres sont entrés dans le bâtiment où nos forces de sécurité les ont suivis. Les combats ont duré quatre heures, les forces de sécurité ont fait attention de ne pas causer davantage de dégâts", a expliqué le gouverneur.

Les organisations de presse et les journalistes, en particulier afghans, ont payé un lourd tribut ces dernières années au conflit: treize d'entre eux ont été tués en 2016 selon leur Comité de protection (AJSF).

La province du Nangarhar, frontalière du Pakistan, abrite de nombreux combattants insurgés talibans, qui ont lancé fin avril leur offensive de printemps, ainsi que les bases du groupe Etat islamique qui a fait de cette zone son fief en Afghanistan.

Plusieurs opérations destinées à déloger l'EI y ont été conduites ces dernières semaines par les troupes afghanes, épaulées par les forces américaines qui ont perdu trois de leurs hommes dans ces combats.

Le Pentagone a juré de chasser l'EI du pays d'ici la fin de l'année.

L'armée américaine a largué début avril la plus puissante de ses bombes conventionnelles sur le district d'Achin, dans le sud du Nangarhar, visant un réseau de grottes et tunnels utilisé par l'EI. La méga-bombe a tué 96 combattants djihadistes selon des sources officielles. Mais cette opération a été critiquée par de nombreux observateurs pour qui les talibans, et non l'EI, constituent la principale menace à la stabilité et à la paix en Afghanistan.

L'EI, qui a perdu du terrain, a néanmoins revendiqué plusieurs attentats en Afghanistan ces derniers mois. Mais dans certains cas, dont la sanglante attaque contre le principal hôpital militaire d'Afghanistan en mars à Kaboul, des sources afghanes et occidentales ont mis en doute ses revendications, estimant que les talibans étaient impliqués.

Les talibans contrôlent ou disputent désormais près de la moitié du territoire aux forces gouvernementales, poussant la Maison Blanche et l'Otan à envisager de renforcer les forces occidentales présentes - 13.200 actuellement, dont 8.400 Américains.

Selon le coordonnateur national du renseignement américain Dan Coats, "la situation politique et sécuritaire de l'Afghanistan va presque certainement se détériorer (jusqu'en) 2018". "Les talibans continueront probablement à enregistrer des gains, spécialement dans les zones rurales", estimait-il récemment.

 

Images de l'agence Reuters:

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