Afghanistan: Gulbuddin Hekmatyar, ancien chef de guerre islamiste, se verrait bien au pouvoir

L'ancien chef de guerre islamiste et ancien Premier ministre afghan, Gulbuddin Hekmatyar.
L'ancien chef de guerre islamiste et ancien Premier ministre afghan, Gulbuddin Hekmatyar. - © WAKIL KOHSAR - AFP

Il y a trois mois l'ancien chef de guerre islamiste Gulbuddin Hekmatyar rentrait en Afghanistan après 20 ans d'exil. L’ancienne bête noire des autorités afghanes et de la communauté internationale, accusé d’avoir fait bombarder Kaboul pendant la guerre civile et d'avoir fait assassiner des intellectuels et des journalistes, s'est exprimé pour la première fois depuis ce retour.

Car celui qui a combattu autrefois aux côtés des talibans a rejoint le processus de paix après plus de 20 ans d’exil et appelle désormais à déposer les armes. Il compte bien jouer un rôle politique dans l’Afghanistan d'aujourd’hui.

Toutes les personnes qui ont commis des crimes doivent être jugées

Une barbe blanche, un turban noir, Gulbuddin Hekmatyar reçoit dans le complexe résidentiel que le gouvernement afghan met à disposition gratuitement, une résidence protégée par des gardes armés. Le chef du Hezb-e-Islami n’est plus persona non grata depuis qu’il a signé l’accord de paix avec le gouvernement, mais les proches de victimes des attaques perpétrées par ses combattants réclament qu’il soit jugé.

Quand on lui demande s’il est prêt à répondre de ses actes devant un tribunal, il répond: "Le Hezb-e-Islami est prêt et souhaite que la loi soit appliquée à tous. Toutes les personnes qui ont commis des crimes doivent être jugées, personne ne doit échapper à la justice. Mais encore faut-il un gouvernement central fort avec une justice forte et indépendante."

Des intérêts étrangers

"Mais la priorité est de mettre fin au conflit", ajoute-t-il. Gulbuddin Hekmatyar assure pouvoir jouer un rôle en donnant l’exemple à ses alliés d’hier, les talibans. Le Hezb-e-Islami assure s’entretenir avec les insurgés qui ont intensifié leurs attaques antigouvernementales ces dernières semaines. Mais le travail de négociation est difficile, explique l’ancien Moudjahid.

"Il y a deux groupes armés qui s’opposent au gouvernement. Le premier contraint à se battre, ses combattants n’ont pas d’autre choix que de prendre les armes. Si on répond à leur demande, ils rejoindront le processus de paix et de réconciliation, comme l’a fait le Hezb-e-Islami. L’autre groupe, ce sera plus compliqué parce qu’il sert des intérêts étrangers."

L’ingérence de pays voisins de l’Afghanistan, Gulbuddin Hekmatyar le dénoncera à plusieurs reprises sans citer de pays en particulier. L’ancien chef de guerre dit vouloir jouer un rôle politique dans son pays en respectant le principe des élections.

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