Afghanistan : des tirs de roquettes sur Kaboul font un mort et des blessés

Un civil a été tué et deux autres blessés par des tirs de roquettes à Kaboul samedi matin, selon le ministère de l’Intérieur, la deuxième attaque de ce genre dans la capitale afghane en moins d’un mois.

"Ce matin, dix roquettes ont été tirées depuis le quartier de Labe Jar à Kaboul", a déclaré le porte-parole du ministère Tariq Arian, ajoutant que trois projectiles avaient atterri près de l’aéroport de Kaboul, et cinq autres dans une zone résidentielle de la capitale.

"Malheureusement, un civil a été tué et deux autres blessés", a ajouté M. Arian.

Les violences continuent de ravager l’Afghanistan, et n’ont fait que s’intensifier depuis l’ouverture de pourparlers de paix le 12 septembre à Doha entre Kaboul et les talibans.

Ces attaques n’ont pas été revendiquées dans l’immédiat, mais les talibans ont nié leur implication dans ces violences.


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Le porte-parole de la police de Kaboul, Ferdaws Faramarz, a précisé de son côté que les roquettes avaient atteint l’est de la capitale.

Au moins dix personnes avaient été tuées le 21 novembre par des roquettes qui s’étaient abattues sur le centre de Kaboul, près de la Zone verte où se trouvent ambassades et compagnies internationales. L’attaque avait été revendiquée par le groupe Etat Islamique (EI).

Le vice-président afghan Amrullah Saleh a quant à lui écrit sur sa page Facebook samedi qu’il avait reçu des menaces de l’Etat Islamique qui se préparait à "transformer Kaboul en un abattoir à chiites" si les membres de leur groupe arrêtés par le gouvernement afghan étaient exécutés.

Ces derniers mois, M. Saleh et ses conseillers ont poussé pour la tenue de procès contre les "terroristes" de l’EI arrêtés en lien avec des attaques sanglantes, demandant même que les coupables soient pendus en public.

L’EI cible souvent la minorité chiite Hazara en Afghanistan.

Cibles faciles

Le groupe a revendiqué ces dernières semaines plusieurs attaques sanglantes dans la capitale, dont celles contre l’université de Kaboul et un autre centre éducatif, qui ont fait au total plus de 50 morts.

Samedi, dans un autre communiqué, le ministère de l’Intérieur a déclaré que les attaques telles que les tirs de roquettes sur Kaboul avaient pour but de frapper des "cibles faciles".

"Les ennemis du peuple afghan ont intensifié la violence", dit le texte.

"Mais ils ont échoué à capturer des districts et ont perdu sur le champ de bataille, donc ils se sont rabattus sur des cibles faciles", continue le ministère.

Malgré la hausse des violences, les troupes américaines continuent de quitter le pays. Washington s’est engagé à retirer toutes ses troupes d’Afghanistan d’ici mi-2021 en échange de garanties sécuritaires selon l’accord américano-taliban signé en février à Doha.

Les ennemis du peuple afghan ont intensifié la violence

S’ils ont arrêté de cibler les forces américaines dans le cadre de cet accord, les talibans n’ont fait cependant qu’intensifier leurs attaques contre les forces afghanes depuis.

Les insurgés se sont engagés à ne plus cibler les grands centres urbains, mais sont souvent accusés de le faire par le gouvernement afghan, alors que de nombreuses attaques et meurtres ciblés ne sont jamais revendiqués.

Pendant ce temps, les pourparlers entre les deux camps avancent très lentement au Qatar, malgré des demandes incessantes pour un cessez-le-feu, ignorées par les talibans.

Les deux délégations ont annoncé début décembre un accord fixant le cadre des discussions, mais l’agenda des pourparlers n’a toujours pas été finalisé.

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