Affirmant que l'Église prend conscience de devoir punir les abuseurs sexuels, le pape voudrait éradiquer ces "crimes abominables"

Le pape François a livré ce dimanche ses conclusions sur le sommet de la haute hiérarchie catholique consacré aux abus sexuels du clergé. Il a expliqué que le travail effectué ces derniers jours a permis de reconnaître, une fois de plus, que « la gravité de cette plaie que sont les abus sexuels sur mineurs est un phénomène historiquement répandu dans toutes les cultures et sociétés, un phénomène qui est resté longtemps tabou, ajoutant que si tout le monde savait par le passé, personne n’en parlait ».

Le pape a aussi affirmé que « les statistiques aujourd’hui disponibles grâce aux différentes organisations nationales et internationales (OMS, Unicef, Interpol, Europol...) ne permettent pas d’avoir une idée complète du problème dans la mesure où de nombreux abus sexuels sur mineurs ne sont toujours pas dénoncés pour toute une série de raisons, qui vont de la honte ou de la confusion que peuvent ressentir les victimes, sans oublier la peur de représailles ou même une forme de culpabilité ainsi qu‘une méfiance dans les institutions mais aussi par manque d’information de la part des services et des structures qui peuvent apporter une aide ». Une chose est certaine a poursuivi le pape, « des millions d’enfants dans le monde sont victimes d’exploitation et d’abus sexuels ».

S’attaquer au phénomène à la fois à l’intérieur et à l’extérieur de l’Eglise

S’inspirant de différents rapports internationaux, le pape a expliqué que la majorité des cas d’abus sexuels se produisaient au sein des familles, avant de préciser que « les théâtres d’abus sexuels sont aussi parfois les quartiers, les écoles, les terrains de sport, et, malheureusement, aussi les églises ».

Il a alors été plutôt direct : « Nous devons être clairs : l’universalité d’une telle plaie, qui confirme sa gravité dans notre société, ne diminue pas sa monstruosité à l’intérieur de l’Eglise. L’inhumanité du phénomène au niveau mondial devient encore plus grave et plus scandaleuse dans l’Église, parce qu’en contradiction avec son autorité morale et sa crédibilité éthique. La personne consacrée, choisie par Dieu pour guider les âmes vers le salut, se laisse asservir par sa propre fragilité humaine, ou sa propre maladie, devenant ainsi un instrument de Satan. Dans ces abus, nous voyons la main du mal, qui n’épargne même pas l’innocence des enfants. Il n’y a pas d’explication satisfaisante pour ces abus sur mineurs ».

« Pour cette raison » a encore dit le pape, « l’Eglise prend conscience de devoir non seulement punir les abus sexuels par des sanctions disciplinaires et des procès civils mais aussi de s’attaquer au phénomène à la fois à l’intérieur et à l’extérieur de l’église ».

Qualifiant les abuseurs de loups avides, le pape François a répété son souhait d’être très clair : "si un seul cas d’abus devait encore être constaté au sein de l’église, ce qui en soi est déjà une atrocité, ce cas serait avec la plus grande gravité. L’objectif de l’Eglise sera donc celui d’écouter, de défendre, de protéger et de soigner les mineurs abusés, exploités et oubliés, où qu’ils se trouvent ".

Affirmant sa volonté d’éradiquer "cette brutalité du corps de notre humanité ", le pape a présenté une série de mesures sur lesquelles l’église se concentrera, à savoir la protection des enfants, un sérieux irréprochable, promettant que " l’église ne cherchera jamais à étouffer ou sous-estimer aucun cas ", la formation des candidats au sacerdoce ou encore l’accompagnement des victimes d’abus ".

Le pape François a enfin lancé un appel pressant pour la lutte, "à tous les niveaux contre les abus sur mineurs - dans le domaine sexuel comme dans d’autres domaines - de la part de toutes les autorités comme des personnes individuelles, car il s’agit de crimes abominables qui doivent disparaître de la face de la terre".

A la fin de cette prise de parole, quelques applaudissements ont retenti dans l’église, comme on peut l'entendre dans la vidéo ci-dessus. Des applaudissements plutôt réservés, presque discrets.

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