Affaire PRISM/Snowden: les dix grandes révélations qu'il faut en retenir

Affaire PRISM/Snowden: les dix grandes révélations qu'il faut en retenir
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Affaire PRISM/Snowden: les dix grandes révélations qu'il faut en retenir - © Tous droits réservés

Depuis les premières révélations d'Edward Snowden sur le programme de surveillance américain PRISM, chaque semaine amène son lot de nouvelles informations inquiétantes concernant l'étendue de cet espionnage de masse. Vous vous y perdez? Pas de panique, voici les dix informations essentielles à retenir de ce dossier.

1) La Belgique et les pays Occidentaux sont complices et... en profitent

Dans notre plat pays, les services de la Sûreté de l'Etat ont bénéficié des informations obtenues via le programme d'espionnage PRISM. "Mais la Sûreté de l'Etat ne sait pas précisément d'où viennent les informations américaines", nuance Marc Cools du Belgian Intelligence Studies Centre. A la Sûreté, on affirme d'ailleurs qu'un tel programme n'existe pas chez nous.

Selon CNN, un attentat-suicide en Belgique aurait même été déjoué en 2008 grâce à PRISM.

Mais si l'on en croit Edward Snowden lui-même, si les pays occidentaux se sont indignés des pratiques de l'Agence nationale de Sécurité (NSA) américaine, les espions de cette agence "travaillent main dans la main avec les Allemands et la plupart des autres Etats occidentaux". Certains pays, comme le Canada, espionnent carrément eux-mêmes pour le compte de la NSA.

De son côté, si la Belgique ne possède pas de programme comparable à PRISM, il s'avère cependant qu'elle est complice des Américains dans leurs entreprises d'espionnage de masse. Même si l'étendue exacte de cette collaboration est impossible à déterminer.

2) Mais les alliés qui en profitent sont eux-mêmes espionnés

La représentation de l'Union Européenne à l'ONU surveillée, le siège des institutions européennes sur écoute, les mails des eurocrates interceptés,... Si les Européens étaient complices des entreprises d'espionnage de Washington, ils en ont aussi été victimes.

Les téléphones portables de hauts dirigeants, voire de chefs d'Etat comme Angela Merkel sont également mis sur écoute. Pourtant les réactions diplomatiques restent étonnamment discrètes et mesurées. Une bonne manière de comprendre cette attitude ambigüe est de relire cette excellente chronique d'Anne Blanpain.

3) La NSA a intercepté des centaines de millions de contacts privés

Des centaines de millions de listes de contacts électroniques de citoyens américains ont été interceptés via leurs courriels ou leurs messageries instantanées (les "chats" qu'on trouve sur les réseaux sociaux ou chez les fournisseurs d'e-mails).

Selon les informations fournies par l'ancien collaborateur de la CIA, lors d'une seule journée de 2012, la NSA a intercepté 444 743 listes de contacts courriels de comptes Yahoo!, 82 857 de comptes Facebook, 33 697 de comptes Gmail, et 22 881 d'autres fournisseurs.

4) La NSA utilisait les cookies pour vous espionner

Non, vos boîtes de biscuits ne sont infestées par de petites caméras qui diffusent votre vie dans les bureaux de la NSA.

Les "cookies" dont on parle ici sont ces programmes utilisés par les entreprises pour cerner les préférences des internautes, afin de mieux cibler les clients potentiels d’après les pages consultées. Un système mis en place par et pour les publicitaires mais dont les révélations d'Edward Snowden ont mis en lumière tous les dangers.

En effet, on sait désormais que la NSA utilise les cookies comme cheval de Troie pour espionner les ordinateurs des internautes.

5) La NSA peut pénétrer des ordinateurs même non connectés au net

On l'a appris il y a à peine deux jours: les agents de la NSA sont capables d'accéder à des ordinateurs même lorsqu'ils ne sont pas connectés à la Toile. Et voilà d'ailleurs comment ils font.

6) La NSA récupère 200 millions de sms par jour

Vous avez bien lu. Cela fait près d'un milliard de messages tous les cinq jours à travers le monde. Forcément, à ce rythme là, les messages interceptés sont "non ciblés". Ce programme d'interception massive des messages textuels est labellisé Dishfire et récupère "à peu près tout ce qu'il peut". Notamment de nombreuses données sur des citoyens qui ne sont pourtant en rien soupçonnés d'activités illégales.

7) La NSA géolocalise des "centaines de millions" de gsm

Quitte à vous écouter et à intercepter vos sms, autant savoir d'où vous les envoyez ou les recevez, ont dû se dire les espions US. Ainsi des informations sur "au moins des centaines de millions d'appareils" sont récupérées par la NSA qui enregistre "près de 5 milliards" de données de localisation par jour. C'est en se connectant aux câbles qui relient les différents réseaux mobiles dans le monde, en collectant "incidemment" des données de géolocalisation de citoyens américains, que l'agence de sécurité obtient ces milliards de données.

8) Les géants américains de l’informatique roulent pour la NSA

La NSA, on le sait désormais, a accès aux serveurs des géants américains des nouvelles technologies que sont Google, Yahoo!, Facebook, Microsoft ou Apple.

Mais, alors que plusieurs de ces entreprises se défendent d'avoir aidé le gouvernement américain à espionner ses propres citoyens, on a appris que l'Agence nationale de sécurité américaine a versé des millions de dollars à ces multinationales pour qu'elles effectuent des modifications techniques en vue de faciliter la tâche des espions dans leur récolte de données.

9) On connaît le détail des budgets US consacrés à l’espionnage

Et l'on sait par exemple que la CIA, la NSA et la NRO (National Reconnaisance Office, qui gère les satellites espions américains) brassent ensemble plus de 35 milliards de dollars annuellement. La facture globale du renseignement américain s'élève ainsi à 55 milliards annuellement pour le contribuable US.

10) La NSA sait qu’elle a violé la loi… mais elle ne le faisait "pas exprès"

Contrainte de déclassifier des centaines de pages de documents démontrant qu'elle n'a pas respecté les règles protégeant la vie privée, la NSA a bien été obligée de reconnaître avoir agi illégalement. Mais si la NSA veut bien admettre qu'elle viole la loi américaine, un de ses responsables insiste sur l'absence de "violation intentionnelle de la loi" dans le chef de l'agence.

Julien Vlassenbroek (@julienvlass)
 

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