Affaire Ghosn: l'ex-patron réclame à Nissan-Mitsubishi la publication de documents internes sur son limogeage

Carlos Ghosn lors de sa conférence de presse du 08 janvier dernier à Beyrouth
3 images
Carlos Ghosn lors de sa conférence de presse du 08 janvier dernier à Beyrouth - © JOSEPH EID - AFP

Les avocats de Carlos Ghosn ont réclamé lundi la publication de documents internes par Nissan-Mitsubishi au cours d'une première audience publique dans le cadre d'une procédure déclenchée aux Pays-Bas par l'ancien magnat de l'automobile, qui juge son limogeage illégal.

Soupçonné de malversations financières diverses, Carlos Ghosn s'est enfui au Liban fin décembre, alors qu'il avait été libéré sous caution en avril 2019 et préparait son procès au Japon, dont la première phase devait en théorie commencer en avril. L'Alliance automobile franco-japonaise Renault Nissan Mitsubishi est incarnée juridiquement par la société Renault Nissan BV (RNBV), dont le siège est aux Pays-Bas, où M. Ghosn a entamé en juillet une procédure en justice contre les deux constructeurs automobiles nippons, jugeant son éviction illégale. Le tribunal d'Amsterdam a eu lundi une première audience publique sur l'affaire. "Il y aura une prochaine audience mais la date n'en est pas encore connue", a-t-il précisé. Carlos Ghosn réclame 15 millions d'euros d'indemnités aux deux groupes nippons, qu'il accuse d'avoir enfreint le code du travail néerlandais. "Ghosn conteste bien sûr" son limogeage, a déclaré lundi à l'issue de l'audience son avocat, Roeland de Mol. L'ancien magnat de l'automobile souhaite que les deux sociétés diffusent des documents internes qui pourraient selon lui permettre de reconstituer le cheminement qui a mené à la perte de confiance de la part de Nissan et Mitsubishi, avant la prise de décision finale de le limoger. "Les nouveaux avocats de Nissan et Mitsubishi continuent de s'opposer à la mise à disposition du dossier" et refusent de "rendre publiques les pièces sur lesquelles ils fondent leurs reproches", a poursuivi M. De Mol auprès de l'AFP. "Ce n'est pas ainsi que cela fonctionne, certainement pas devant un tribunal néerlandais", a-t-il lâché.

Sujet JT du 08 janvier dernier sur la conférence de presse de Carlos Ghosn à Beyrouth

Les avocats de Nissan et Mitsubishi devaient présenter leurs arguments dans six semaines devant le tribunal d'Amsterdam. Le déroulement du premier jour d'audience publique dans l'affaire a été "absolument bénéfique pour Ghosn", s'est réjoui son avocat. "Les chances d'un véritable débat sur le fond à court terme ont considérablement augmenté", et ce "malgré toutes les contestations" de Nissan Mitsubishi, a-t-il affirmé. Contacté par l'AFP, l'avocat néerlandais Eelco Meerdink, qui représente les deux entreprises nippones, n'était pas disponible dans l'immédiat.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK