Affaire DSK: la pression s'accentue sur l'accusatrice

Affaire DSK: la pression s'accentue sur l'accusatrice
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Avec la libération sur parole de Dominique Strauss-Kahn à la suite de révélations sur des mensonges de son accusatrice, l'attention s'est déplacée sur cette femme de ménage guinéenne de 32 ans, même si l'homme politique français reste inculpé de crimes sexuels.

L'ancien directeur général du FMI occupait toujours dimanche la maison du sud de Manhattan dans laquelle il a été confinée pendant six semaines par un juge new-yorkais.

Mais depuis que la justice lui a rendu vendredi sa liberté de mouvement aux Etats-Unis, DSK et sa femme Anne Sinclair n'ont pas hésité à sortir malgré la présence de nombreux journalistes prêts à suivre leurs moindres faits et gestes.

Samedi après-midi, les deux époux se sont engouffrés dans une berline noire. Poursuivis par des reporters, la voiture a tenté de les semer, s'engouffrant notamment dans un parking souterrain dont les portes se sont immédiatement refermées, pour en ressortir par une autre sortie.

Ils se sont rendus au musée d'Art moderne (MoMa) dans le centre de Manhattan où ils se sont attablés au café du cinquième étage. "Il avait l'air extrêmement heureux", selon le tabloïd New York Post citant un employé du musée.

Une fois revenus dans leur maison de TriBeCa, ils ont reçu la visite du couple avec qui ils avaient dîné la veille dans un restaurant italien.

Dimanche, une quinzaine de journalistes campaient toujours devant leur domicile, tentant de s'abriter de la pluie sous trois tentes blanches, a constaté un journaliste de l'AFP. Une voiture de la police new-yorkaise stationnait à proximité.

L'ancien favori des sondages pour la présidentielle française de 2012 reste poursuivi de sept chefs d'accusation qui peuvent en théorie lui valoir 74 ans de réclusion et doit à nouveau comparaître le 18 juillet.

Mais les mensonges de son accusatrice révélés par le procureur Cyrus Vance changent la donne.

Le tabloïd sensationnaliste New York Post accuse la victime présumée de se prostituer

Elle a menti pour obtenir l'asile aux Etats-Unis en 2004, a-t-il écrit jeudi dans une lettre aux avocats de la défense. Elle a également menti sur ce qui s'est passé après l'agression présumée dans la suite 2806 du Sofitel de New York.

La femme de chambre avait raconté qu'elle avait attendu dans le couloir que DSK quitte la suite et avait immédiatement rapporté les faits présumés. Elle a depuis admis qu'"elle avait nettoyé une autre chambre et était retournée dans la suite 2806 et avait commencé à la nettoyer avant qu'elle ne rapporte l'incident à son superviseur", écrit Cyrus Vance.

Elle a également fait une fausse déclaration d'un second enfant à charge pour frauder les services fiscaux, selon le procureur.

Aussi rapidement qu'ils avaient condamnés DSK, plusieurs journaux américains tirent dorénavant à boulets rouges sur la femme de chambre de 32 ans, dont la loi américaine interdit de révéler l'identité.

Citant une source non-identifiée proche de la défense de DSK, le New York Post croit ainsi savoir qu'elle se prostituait et que Dominique Strauss-Kahn aurait refusé de la payer après leur relation sexuelle.

Une affirmation fermement démentie par la défense de DSK (lire ci-dessous).

Le rebondissement de cette affaire a relancé les interrogations en France parmi des proches de DSK sur une éventuelle manipulation dont il aurait fait l'objet.

Michèle Sabban, vice-président PS du conseil régional d'Ile-de-France et fidèle de Dominique Strauss Kahn, s'interroge sur "l'attitude de la direction du Sofitel" peu après les faits présumés.

Pour le vice-président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale, François Loncle, non plus, "tout n'est pas clair". Ce proche de DSK évoque l'hypothèse de "connexions" entre le groupe français Accor, propriétaire du Sofitel, et "certaines officines françaises".

Les avocats de DSK réfutent toute relation tarifée

Les avocats américains de Dominique Strauss-Kahn ont démenti toute relation tarifée entre leur client et la femme de chambre du Sofitel qui l'accuse d'agression sexuelle, dénonçant les informations du tabloïd New York Post.

Comme expliqué ci dessus, le quotidien new-yorkais affirme que l'accusatrice de 32 ans, dont la loi américaine interdit de révéler l'identité, se livrait "régulièrement" à la prostitution et que l'ancien directeur général du FMI "avait refusé de la payer" après leur relation sexuelle le 14 mai dans la suite 2806 du Sofitel.

Elle était "bien au courant de son statut de VIP" et comptait bien en tirer profit, selon le tabloïd, citant une source non-identifiée proche de la défense de DSK.

L'équipe d'avocats de DSK, emmenée par Benjamin Brafman et William Taylor, a fermement démenti ces allégations.

"Il n'y a pas eu de dispute entre les parties parce qu'il n'a pas été question d'argent", déclarent les avocats dans un communiqué.


AFP
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